Rien dans les poches — Dan Fante [1996]
Alors qu’il sort d’une cure de sevrage, Bruno doit se rendre au chevet de son père. Il prend l’avion pour la Californie avec sa femme. Rendu là, il est incapable de faire face à ses émotions; il se remet à boire et s’embarque dans toutes sortes d’histoires loufoques. Il reproche à son père —un brillant scénariste— d’avoir troqué son talent d’écrivain contre l’argent d’Hollywood. Cette prise de conscience l’amène à réfléchir à sa propre vie, lui-même ayant délaissé l’écriture pour une carrière dans la vente. Alors qu’il sombre dans un délire éthylique et que le vieux chien de son père est à l’agonie, il réalise que seul l’écriture peut le sauver.
Premier roman de Dan Fante, Rien dans les poches est bien écrit et on y pressent son talent de raconteur. Fante est particulièrement habile pour rendre crédible des scènes loufoques, pour exprimer la psychologie et pour transmettre le désarroi que lui fait vivre la mort de son père, ce rital plus grand que nature. C’est un livre intéressant ne serait-ce que pour la relation ambiguë entre les deux écrivains. Celui qui meurt et celui en train de naître.

