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Born into This – John Dullaghan [2003]

10 mars 2010

Le documentaire s’ouvre sur une lecture publique avec Bukowski qui régurgite d’abord en coulisses puis vomit ensuite quelques insanités à son public. Voilà la façade. L’être grossier, mal poli et rejeté de l’establishment littéraire.

On le retrouve ensuite dans de multiples entrevues accordées au cours de sa vie. On le voit à 30, 40, 50, 60 et 70 ans. Sa physionomie change mais pas son discours. Bukowski s’exprime d’une voix douce et nuancée. Il n’a pas à élever le ton. Les mots qu’il emploie suffisent.

Le réalisateur a eu accès à une grande quantité de films et photos d’archives et le montage est particulièrement réussi. Il traite en parallèle la vie privée et publique de Bukowski, ce qui est justifié puisque Bukowski pratiquait l’autofiction.

Un des passages intéressants du film est lorsque William Packard, éditeur du prestigieux New York Quarterly, raconte qu’il a dû justifier pourquoi il le publiait : « …Bukowski is dedicated to the de-Disneyfication of all of this… someone has to kick Mickey Mouse out of our head. » Linda Lee Bukowski —sa femme— en rajoute lorsqu’elle raconte que Bukowski détestait Mickey Mouse, « une créature sans âme ».

Le documentaire relate comment Bukowski a réussi à pénétrer la sphère littéraire en écrivant  pour les petites revues undergound. D’abord pour Open City puis le L.A. Free Press. Open City était un magasine plutôt hippie mais ça lui donnait une tribune où il pouvait écrire ses fameuses Notes of A Dirty Old Men regroupées plus tard dans un livre par Ferlinghetti, éditeur Beat par excellence.

Mais l’élément-clé de sa carrière est John Martin. Grand collectionneur de littérature américaine, Martin cherche LE grand écrivain américain d’après la seconde guerre. Il s’intéresse d’abord à Kerouac et aux Beats mais les laisse tomber quand il découvre Bukowski. Convaincu d’avoir enfin trouvé l’écrivain qu’il cherche, Martin lui garantit une somme suffisante pour vivre à condition de cesser son boulot à la poste et de se consacrer à plein temps à la littérature. Il fonde aussi Black-Sparrow Press pour le publier. À l’époque, Bukowski fait surtout de la poésie. Mais à la demande de Martin, qui lui dit que les romans se vendent mieux, il écrit le Le postier en 4 semaines ! Plus tard, Martin lui suggère de faire un livre sur son enfance, une expérience douloureuse pour Bukowski qui accouchera de Souvenirs d’un pas grand-chose, un de ses meilleurs livres.

Plusieurs autres épisodes de la vie de Bukowski sont abordés, dont le film Barfly basé sur son livre Factotum. Alors qu’il l’avait appuyé sans réserve lors de sa sortie, Bukowski le réfute finalement, critiquant entre autre la performance de Mickey Rourke qui sonne faux dans ses répliques. Bukowski aura rejeté tous les films de fiction lui étant consacrés. C’est sous forme documentaire qu’il sera enfin immortalisé convenablement, et non avec des visages de stars et autres artifices hollywoodiens.

La grande qualité de Born into This est son aspect naturel. Le réalisateur a su éviter la narration en voix off et cela contribue à créer un climat de proximité avec Bukowski. Durant les deux heures que durent le film, on a l’impression d’être avec lui. Si vous êtes fan de Bukowski, vous ne serez pas déçu.

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2 commentaires
  1. Marie permalink

    oui, j’ai bien aimer aussi ce film. il m’a donner le gout de lire les poemes de Bukowski.

    • mieux vaut lire sa poésie en anglais mais certains recueils ont été admirablement bien traduits en français…

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