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Kerouac – On the Road (the original scroll) [2007]

5 août 2010

Kerouac écrivit le manuscrit de On the Road en 1951 sur des rouleaux de papier à tracer. Il les inséra directement dans la machine à écrire et se mit à taper. Il eut besoin de 4 rouleaux pour écrire les 120 000 mots de On the Road.

L’éditeur à qui Kerouac confia son rouleau refusa de le publier. Il faut dire que le manuscrit était truffé de mots tabous (fuck), de scènes de baise et de drogue. Une batterie d’avocats et de littérateurs passeront le manuscrit au hachoir avant qu’il ne puisse être publié, en 1957. Les péripéties entourant les corrections du livre sont telles que Kerouac écrira à son éditeur, en 1956 : « …J’ai subi les pires avanies, alors qu’on accepte mon texte ou qu’on le refuse, ça ne changera rien à cet abominable sentiment d’être déjà mort — d’être un mort-vivant. »

Lorsqu’il est publié, On the Road suscite immédiatement la controverse. Le roman est une bombe dans l’Amérique paranoïaque de McCarthy. Kerouac devient malgré lui LA tête d’affiche de la beat generation. Cette controverse est une des raisons du succès de On the Road. Elle explique peut-être aussi pourquoi Kerouac s’est mis à boire avec autant d’avidité par la suite.

Mais l’aspect vraiment révolutionnaire du livre n’est pas sa critique sociale qui affleure ici et là. Elle vient de la forme que Kerouac avait élaborée et qui a tant ulcéré son éditeur. Kerouac avait longuement pensé à la façon de transmettre cette course folle sur la route avec Neal Cassady, personnage pour le moins extraordinaire. Et le livre publié fut purgé de ces procédés narratifs jugés incompréhensibles à l’époque.

Dans un article sur Les clochards célestes pour The Village Voice, Ginsberg évoque Sur la Route et dit tous ses regrets « que le roman n’ait pas été publié sous sa forme la plus excitante — tel qu’il a été découvert — mais haché menu, ponctué, brisé — ses rythmes et son swing rompus — par les conseillers littéraires présomptueux des maisons d’édition. »

Pour commémorer le 50e anniversaire de la publication de On the Road, le rouleau d’origine a été transcrit dans un livre qui ne compte qu’un long paragraphe divisé en cinq parties —tel que Kerouac l’avait tapé à l’époque. Lorsque Kerouac en terminait une, il se contentait d’écrire LIVRE DEUX en majuscule et ça continuait. Tout dans la forme et dans l’écriture contribuait à perpétuer l’effet de mouvement qu’il voulut donner au livre.

Les noms des personnages d’origines sont conservés. Ainsi, on retrouve Burroughs, Ginsberg, Cassady et autres acteurs de ce road novel. Car c’est de ça dont il s’agit. Un long roman rempli de voyages, musiques et beuveries qui sont les exutoires de cette génération qui en a « ras-le-bol vis-à-vis de toutes les formes et de toutes les conventions. » Avoir conservé les noms des personnages ajoute beaucoup de saveur car si on a lu d’autres livres beats, on retrouve des personnages qu’on connaît déjà.

On the Road est une sorte de fuite en avant. Ou plutôt d’Est en Ouest. Avec des voitures, des filles et des réflexions lucides. La version «rouleau» est encore plus extraordinaire que la version publiée en 1957. Il s’agit d’un jalon fondamental de la littérature américaine et je ne peux m’empêcher de penser à la douleur de Kerouac qui, trop en avance sur son époque, finit par se perdre dans un alcoolisme salvateur.

note : les 109 premières pages du livre sont consacrées à quatre essais écrits par des spécialistes de Kerouac. Plusieurs des faits et anecdotes énoncés ci-dessus sont tirés de ces essais.

Ces réflexions se basent sur la lecture de la version originale anglaise. La version française a été élaborée par une traductrice qui n’a pas tenu compte du fait que Kerouac est né de parents Canadiens Français et que sa langue maternelle était identique à celle parlée au Québec… et non au français parlé en France.

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2 commentaires
  1. romaindonofrio permalink

    Le rouleau originale a aussi été mordu par un chien de Lucien Carr (un pote de Kerouac), ce qui fait qu’il manque le fragment final…

  2. je sais… ils ont terminé le livre CINQ en se basant sur la version publiée…

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