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Quelques grandes compiles des années 1980

26 octobre 2010

Dans les années 1980, le format de la compile était idéal pour permettre aux petits groupes de se faire connaître. C’était aussi une façon pour les labels indépendants de montrer à quoi ressemblait leur catalogue. Voici quelques-unes de ces compiles qui ont bien vieilli.

Wanna buy a bridge? [Rough Trade – 1980]

Cette superbe compile réunit des 45 tours parus sur le label Rough Trade. Il s’agit surtout de groupes anglais et la compile est valable de A à Z, ce qui est pour le moins rare. Sur la pochette intérieure, on a la liste des 45 tours inclus sur le disque avec des infos sur les groupes. Cette compile comprend quelques classiques tels Nag, Nag Nag de Cabaret Voltaire mais aussi des trucs plus obscurs tels que We are all prostitutes des Pop Group, une rareté punk. Mes autres pièces favorites sont : Soldier Soldier, de Spizzenergi, un classique new wave, Part time punk des Television Personnality, une pièce désopilante sur les punks de fin de semaine, Man Next Door des Slits, une superbe pièce dub et le génial At Last I am Free de Robert Wyatt. Les autres groupes sont : Scritti Politti, Young Marble Giants, The Raincoats, Kleenex, Sweell Maps, Essential Logic, Delta Five et Stiff Little finger. À ce jour, ce disque n’existe pas en format CD.

Darker Skatcher [LAFMS – 1980]

Cette compile au design particulier est un classique de la musique bizarre et un remarquable exemple de l’esprit créatif qui caractérisa le début des années 1980. Elle est éditée par LAFMS acronyme pour Los Angeles Free Music Society. Mes pièces favorites sont : Cleanliness and order, de Boyd Rice et Daniel Miller, une pièce tout ironique dans laquelle on se fait dire comment agir dans la vie sur une rythmique robotique ; Riboflavin-flavored, Non-carbonated Polyunsaturated blood de 45 grave, un morceau délirant à consonance psychédélique ; Nap de Foundation Boo, une pièce de transe industrielle d’une surprenante efficacité et Davey the Worm, de Dennis Duck, une pièce-collage complètement disjonctée mais qui fonctionne admirablement bien. Le reste du disque est rempli de bons groupes et d’autres expérimentations le plus souvent heureuses. Disponible en format CD.

Miniatures [Pipe – 1980]

Cette compile extraordinaire est le résultat du travail de Morgan Fisher, un Britannique pour le moins génial. Fisher envoya des invitations à des musiciens et artistes qu’il admirait. Une cinquantaine d’entre eux ont répondu et lui ont envoyé un morceau d’une minute. Il s’agit sans nul doute de la compile la plus éclatée de l’époque. Avec des groupes de tous les coins du monde, incluant The Residents, Robert Wyatt, Fred Frith, The work, Lol Coxhill, Steve Miller, Patrick Portella, Robert Fripp, Andy Partridge (XTC), Ivor Cutler, Zazou, Metabolist, Gavin Bryard, ½ japaneese, David Cunningham (Flying Lizard), Etron fou Leloublan… En tout, 51 pièces d’une minute chacune et dans des styles qui vont dans absolument toutes les directions. Le feuillet intérieur est des plus intéressants. Il s’agit d’une affiche qui se déplie et devient une sorte de fanzine-poster avec une tonne d’infos sur les groupes. Et la bonne nouvelle, c’est que cette compile existe en format CD.

Deutschland [Das Büro – 1982]

Les Allemands ne sont pas en reste avec cette compile qui réunit plusieurs groupes de diverses tendances musicales. C’est un véritable greatest hits de l’époque. La direction artistique de la couverture est savoureuse et on reconnaît là la marque du label allemand Ata Tak. En écoutant ce disque, on passe de la naïveté de Fred vom Jupiter de Die Doraus and die Marinas, au son punk ingénieux de Abwärtz en passant par le funk sympathique et déroutant de JaJaJa, au jazz syncopé de Xao Seffcheque, au new wave carré de Palais Schaumbourg, avec un arrêt fort agréable dans l’univers surréaliste de DerPlan, un saut dans le Krautrock de Wirtschaftswunder, puis un retour au surréalisme avec Pyrolator, un plongeon dans la musique industrielle de Einstürzende Neuboten, puis un soupçon de punk garage avec S.Y.P.H. et, pour finir, un bijou new wave signé Die Krupps. Difficile de faire une meilleure compile allemande. Ce disque rare en vinyle n’existe sans doute pas en CD.

Recommended Records Sampler [Recommended Records – 1982]

J’ai gardé la pièce de résistance pour la fin. Cette compile comprend deux disques pour un total de deux heures de musique allant dans toutes les directions. La pochette à elle seule est digne de mention. Elle se déplie et devient un fanzine avec dessins, photos et infos au sujet des groupes. Compiler de la musique est un art. Et cet art est élevé à un niveau inégalé par Chris Cutler, fondateur du label Recommended Records. Ce label se voulait un refuge pour les expérimentateurs musicaux de tout acabit. On retrouve sur cette compile : Vogel, Faust, Art Bears, Stormy Six, The Homosexuals, Joseph Racaille & Patrick Portella, Univers Zéro, Aksak Maboul/Honeymoon Killers, Henry Cow, Decibel, Art Zoyd, The Muffin, Heiner Goebbles, Conventum (groupe canadien), Hector Zazou, This Heat, The Residents, R. Stevie Moore, Robert Wyatt… Inutile de dire que la variété musicale est pour le moins difficile à égaler. Cette compile est disponible en format CD.


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4 commentaires
  1. Les RR samplers et Miniatures de Morgan Fischer me servent encore à la radio en 2010. C’est dire à quel point ces albums sont increvables.

  2. Chris Tapète permalink

    À cette époque(fin 70, début 80), certains DJ punk et/ou new-wave de la vieille capitale furent des précurseurs d’un style de deejeeing peu répandu: Le Mix battu. Et sans vouloir faire de jeux de mots plates, c’est ma foi très laid à entendre. Sans doute dû à un manque de talent ou un quelconque je-m’en foutisme très tendance de l’époque, il n’était pas inhabituel de passer une bonne partie de la soirée à entendre la fin d’une piéce musicale descendre tranquillement de niveau sonore tandis qu’une nouvelle « toune » était garrochée à contre-temps avec un DJ qui donnait l’impression d’être en pleine réalisation d’un beat-mix d’enfer!?…Peut-être un problème d’audition…De toute façon, le phénomène a été attribuée à la surconsommation de drogue qui faisait rage alors. Les uns disant que le phénomène est l’invention d’un « y’en a fumé du bon » tandis que les autres prétendent que les Dj étaient trop ‘stoned’ ou que les clients buvaient trop. Bref, le Mix battu est à ne pas confondre avec le beat mix.

    • Ton commentaire est intéressant, Chris. Néanmoins, au bout de la ligne, ce qui comptait plus que tout, en ce qui me concerne, c’était que la chanson soit bonne car même s’il pouvait être agréable d’entendre de beaux mixes fluides quelquefois, si la musique était nulle, je me foutais pas mal de la qualité du mix en soi..

  3. il est à peu près impossible de mixer au beat reggae, punk, ska, new wave, hip hop et rockabilly… c’est peut-être ce qui explique le mix-battu ait aussi été «populaire» à Montréal…

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