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Perles de la musique new wave

29 octobre 2010

Devo : Duty Now for the Future [1979]

La plupart des gens préfèrent le premier album de Devo, «Are we not men?». Pas moi. Duty Now for the Future est un album étonnant avec quelques pièces à développement et une utilisation des synthétiseurs plus soutenue que sur le premier. Il est vrai que ce second album n’a pas la cohésion du premier mais la pièce S.I.B. (Swelling Itching Brain) est magnifique et tout à fait inédite dans l’univers new wave car elle a un aspect progressif. L’autre gros morceau du disque est le combo Smart Patrol/Mr DNA qui commence comme une simple pièce new wave mais au milieu, on est propulsé très loin de la rengaine classique et on atterrit dans un univers carrément psychédélique, surtout si on a consommé des substances favorables au décollage. Ceux qui écoutaient du prog à l’époque (et qui avaient une consommation adéquate) ont eu une révélation en écoutant cet album. Ce fut mon cas, comme je le raconte dans le 1er chapitre du livre Normal. À souligner la pochette avec un die-cut détachable et l’utilisation de codes UCP dans le design de la pochette.

Nina Hagen Band : E.P. [1980]

Nina Hagen est sans contredit la grande diva de l’époque. Cette chanteuse de talent quitta Berlin Est pour devenir une star de la musique rock. Ses premiers disques sont les plus intéressants et plus particulièrement cette compilation de chansons tirées de ses deux premiers albums. Je vais me souvenir longtemps de la première fois où j’ai entendu du Nina Hagen. C’était au Shoeclack de Québec en 1981 sur une sono d’enfer. Je relate d’ailleurs cette aventure dans mon livre Accro vinyle. Ce fut un choc. La pièce African reggae est tout simplement brillante et il s’agit d’un des plus gros succès de l’époque. Sur un système capable de jouer à haut volume, c’est délirant. Le second succès est TV-Glotzer (reprise des Tubes), une pièce à consonance beaucoup plus rock. Nina Hagen s’y éclate complètement. J’ai jamais rien compris à ce qu’elle raconte —c’est en allemand— mais sa gymnastique vocale suffit à nous faire comprendre qu’il se passe quelque chose de vraiment pas ordinaire chez elle. Et au milieu du bridge, quand on était complètement défoncés, on était emportés très loin. Beaucoup n’en sont jamais revenus d’ailleurs. Ça finit dans une explosion sonore appuyée d’un formidable cri de la diva. Tout simplement sublime ! La dernière chanson valable de ce mini album est Wir leben immer noch (une reprise de Lene Lovitch). Encore une fois, il s’agit de musique truffée d’effets sonores pour nous propulser hors du champ gravitationnel de la planète. Et c’est très réussi.

Talking Heads : Remain in Light [1980]

Peu de gens contesteraient l’excellence de cet album. Il faut d’abord souligner la fabuleuse pochette dont l’esthétique était révolutionnaire pour l’époque. Une photo de chaque membre du groupe retouchée de façon à ce qu’on ne puisse les reconnaître. Comme David Byrne (et deux autres) vient d’une école d’art, on ne s’étonne pas que l’esthétique soit si soignée. La pièce majeure de l’album est bien sûr Once in a Lifetime, un des hymnes de la new wave dont les paroles prophétiques ont sans doute eu un impact sur bien des membres de ma génération. Ces paroles résumaient le haut-le-cœur que vivaient ceux qui, comme moi, étouffaient dans leur école secondaire de banlieue. Les autres bonnes pièces sont : Born under punches (the heat goes on) et Croseeyed and Painless. Le reste est moins commercial mais tout aussi impeccable. Il s’agit d’une des plus heureuses collaborations du duo Byrne/Eno et l’album est d’ailleurs produit par ce dernier.

Simple Minds – New Gold Dream [1982]

Certains groupes produisent leur chef-d’œuvre au début. Pas Simple Minds. Cinquième album de ce groupe écossais, New Gold Dream bénéficie de la recherche effectuée sur les albums précédents. Beaucoup plus achevé en en terme de production sonore, New Gold Dream recèle plusieurs perles dont : New Gold Dream, une chanson upbeat qui donne envie de bouger et de vivre; Glittering Prize, avec des sons de synthétiseurs chaleureux ; Somebody up There Likes You, une pièce extraordinaire où l’on a l’impression de connecter avec l’au-delà ; Someone Somewhere in Summertime, un morceau d’anthologie du new wave doté d’une étonnante recherche mélodique. En fait, chaque morceau possède une mélodie touchante et bien placée. L’album recèle tant de qualités qu’on finit par en apprécier même les chansons un peu moins fortes. Et on s’habitue à l’écouter en entier, ce qui est une des caractéristiques d’un grand disque : pouvoir être écouté dans son intégralité. Sorti en 1982, à la fin du courant new wave, New Gold Dream est rempli d’émotions grandioses. C’est un album qui a du soul et qui met du baume sur la période un peu dépressive de la cold wave. Comme de quoi, il y a parfois de la lumière au bout du tunnel.

Kraftwerk – Computer World [1981]

Kraftwerk est sans contredit le groupe le plus précurseur de la musique électronique. Ces pionniers étaient actifs bien avant que les appellations new wave, techno ou électro pop ne voient le jour. Computer World est un album extraordinaire d’abord parce qu’il est bon au complet. À l’époque, ce sont davantage les chansons du côté A qui jouent, soit Pocket Calculator, Numbers et Computer World qui furent toutes des succès de piste de danse. La seconde raison qui fait de cet album un monument est son aspect visionnaire. En effet, le thème de l’album repose entièrement sur l’ordinateur, et ce, des années avant que cette machine n’envahisse chaque sphère de nos vies. À l’heure où les gens se rencontrent sur internet, comment ne pas sourire en entendant la naïveté de Computer Love qui ouvre le côté B du disque ? Mais l’aspect le plus révolutionnaire de cet album se trouve dans l’esthétique des pièces qui ne jouèrent pas à l’époque : Homecomputer et It’s More Fun to Compute, deux pièces fabuleuses qui préfigurent le techno avant que ce terme soit utilisé. La plupart des artisans de la scène techno de Détroit reconnaissent d’ailleurs avoir été influencés par cet album. Avec l’extraordinaire essor de la musique électronique depuis les années 1980, il est impossible de saisir l’impact qu’a eu cet album lors de sa sortie. Beaucoup de groupes arrivent aujourd’hui à sonner aussi bien. Mais à l’époque, Computer World avait un son tout à fait unique. À mon avis, il s’agit du meilleur album pop de musique électronique ever.

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4 commentaires
  1. Bravo,

    C’est en effet d’excellents albums à (ré)écouter et j’attends avec impatience la suite de vos petites critiques … Aaahhh, la fin des années 70 et les premières années 80 ont données de petites perles que je ne me lasse pas d’écouter et de revoir … Sur mon blog aussi des vidéos de la synthpop du début des années 80.

    http://synthpop80s.wordpress.com

    Bonne continuation et excellent blog.

    Miniatures143

  2. Vinsang T Crif permalink

    NunSexMonkRock est supérieur, selon moi, à cet E.P. dont tu parles de Nina. Il est à classer parmi les chefs-d’oeuvre du rock d’avant-garde. J’étais sur le cul en l’écoutant à l’époque et, pour l’avoir réécouter dernièrement, je suis toujours sous le choc. Quelle fulgurance! Sans réfléchir, je le placerais dans mon Top 5 à vie. Certainement dans le Top 10 en tout cas, tous genres confondus.

    • NunSexMonkRock est indiscutablement un chef d’oeuvre. Mais c’est ce E.P. qui m’a fait connaître Nina Hagen. Je ne crois pas me planter en disant que c’est un classique de l’époque et je crois que la plupart des gens qui sortaient dans les boîtes new wave de l’époque seront d’accord avec moi. Merci pour le commentaire!

      • Je ne prétends pas que tu te plantais, M. Cliche. Ce disque est indéniablement un classique qui m’a fait découvrir, moi aussi, Nina Hagen. C’est juste que je trouve l’autre bien supérieur.

        J’ai fait la gaffe, en 84, de vendre mon 33t de Computer World pour m’acheter Dieu sait quoi. J’étais jeune… Certainement une perle de l’époque, oui.

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