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Dan Fante – Limousines blanches et blondes platines [2010]

6 juin 2011

Bruno Dante, alter ego de Dan Fante, essaie d’écrire un recueil de nouvelles. Accro à l’alcool et à tout ce qui peut faire taire la voix qui s’élève en lui dès qu’il est sobre, il postule dans une boîte qui offre un service de limousine à la distinguée clientèle de L.A. Bruno trafique son CV pour être engagé et c’est le début d’une série de péripéties toutes plus tordues les unes que les autres… Entre les quatorze heures passées à conduire des stars et les embrouilles qu’il invente pour éviter les séances des AA, Bruno tente de consacrer deux heures à ses nouvelles.

Les personnages du livre sont attachants et crédibles. Il y a d’abord David Kaufman, le patron de la boîte, un gigantesque homo qui passera l’éponge plus d’une fois sur les frasques de Bruno. Il y a aussi Portia, la réceptionniste aux nichons en silicone et à l’accent british qui possède le tact nécessaire pour gérer ce genre d’entreprise impossible. Il y a aussi Ronny Stedman, ce producteur d’Hollywood au caractère irrascible qui finit par s’intéresser aux nouvelles de Bruno. Et J.C. Smart, une distinguée retraitée qui se promène partout avec son chat et dont la nièce, Che Che, est un top-modèle pourchassé par les paparazzis.

Un des aspects les plus réussis du livre est le portrait que Fante dresse d’Hollywood. À travers les aventures de ces personnages qui doivent abandonner leur authenticité pour arriver à faire leur place dans cette ville de pacotille, Fante démontre comment la machine à fabriquer le rêve américain détruit les humains qui la fréquentent. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à son père —John Fante— qui prostitua son talent à Hollywood alors qu’il avait le gabari pour être l’un des meilleurs écrivains des É-U.

L’écriture de Fante est remarquable par sa sincérité et son ton juste. Il s’agit bien sûr d’un livre trash. Mais c’est fait avec un tel équilibre que ça lui confère presque le statut de classique dans le genre. Fante n’évite pas les émotions comme tant d’auteurs qui se veulent décadents et qui, à force de vouloir nous en mettre plein la vue, finissent au contraire par nous ennuyer. Tout au long du livre, entre les trucs bizarres et/ou dégueux, se trouvent des moments où Bruno peut exprimer son désarroi et son impuissance face à sa condition de paumé.

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