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Documentaires sur la musique électronique

19 novembre 2011

Au cours des années 1970, le développement de la musique électronique se fait surtout en Allemagne, et plus particulièrement sur la scène krautrock. En quête d’identité, de nombreux groupes allemands expérimentent afin de créer une nouvelle forme musicale. Et c’est en Angleterre que ces nouvelles idées exploseront sur la scène pop au début des années 1980. Voici quelques documentaires qui relatent les épisodes clé de cette révolution musicale.

Kraftwerk and the Electronic Revolution [2008]

Film de référence sur le développement de la musique électronique. Le réalisateur a fait un effort considérable pour dépeindre le contexte dans lequel la musique électronique est née. Les 55 premières minutes sont consacrées aux pionniers  : Pierre Schaeffer et sa «musique concrète», Popol Vuh, Klaus Schulze, Amon Düül, Stockhausen, the Organization, Tangerine Dream, Can et tout le mouvement Krautrock. Le reste du film est consacré à Kraftwerk. On a droit à une tonne de bonnes musiques et à des images d’archives souvent inédites. On apprend aussi que Kraftwerk a influencé nombre de groupes : de Cabaret Voltaire à Throbbing Gristle en passant par la vague électro pop (Gary Numan, Depeche Mode, Human League…) et jusqu’à Afrika Bambaataa, pionnier du hip hop. Le documentaire omet toutefois d’aborder le côté B de l’album Computer World pourtant fondamental dans le développement de la musique techno et la scène de Détroit. On ne parle pas non plus des albums postérieurs à Computer World. L’analyse est bonne mais on est loin de la rigueur et de la profondeur dont fait preuve Pascal Bussy dans son livre Man, Machine and Music publié en 1993. La structure du documentaire est d’ailleurs calquée sur celle du livre de Bussy. À noter que le seul membre important de Kraftwerk dans le film est Karl Bartos alors que Bussy avait aussi interviewé Ralph Hütter et Florian Schneider, les deux co-fondateurs du groupe. C’est une des raisons pour lesquelles le livre de Bussy demeure LA référence en ce qui a trait à Kraftwerk. Ceci étant dit, il s’agit d’un bon documentaire qui aurait gagné à être plus ramassé, surtout au début.

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Krautrock the Rebirth of German Music [2009]

Excellent documentaire réalisé par la BBC avec les têtes d’affiche du Krautrock : Amon Düül II, Tangerine Dream, Klaus Schulze, Can, Faust, Neu, Kraftwerk… Le film est très bien documenté et les extraits musicaux sont excellents. De nombreuses archives aident à reconstituer le climat gris de l’Allemagne d’après guerre et l’esprit rebelle des ces musiciens qui refusaient de faire ce qui avait déjà été fait. Après la destruction de l’Allemagne nazie, les Allemands sont à la recherche de leur identité. À partir de la fin des années 1960 et au cours des années 1970, plusieurs groupes de musiciens s’éloignent du son rock et pop anglo-saxons et se mettent à expérimenter, notamment avec le synthétiseur, un nouvel instrument dans le paysage musical. Le Krautrock n’aura jamais le succès du rock progressif mais il inspire une myriade de musiciens, dont Iggy Pop : « When you listen to it, it allows your thoughs to flow […] allows emotions to come from within and occupy the active part of your mind […] it allows beauty to get there […] the guys had somehow found a way to free themselves from tyranny of stupid blues, rock, of all conventions I ever heard. » Brian Eno s’intéresse lui aussi à cette scène et passe un moment avec les musiciens de Neu, deux ex-musiciens de Kraftwerk. Le film se termine sur David Bowie qui enregistre l’album Heroes (titre d’une pièce de Neu) à Berlin avec Eno comme producteur. Le son du krautrock est palpable sur l’album. Fait remarquable, le narrateur garde un esprit critique sur cette intrusion Britannique : « …released in 77, Heroes was a big hit for David Bowie, but the real heroes we’re the kraut rockers. »

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Synth Britannia [2009]

Documentaire sur la scène électro-pop britannique de la fin 1970, début 1980. Avec The Normal (Daniel Miller), The Human League, OMD, Joy Division, John Foxx, Gary Numan, Visage, Depeche Mode, Heaven 17, Soft Cell, Yazoo, Eurythmics, Ultravox, Pet Shop Boys et New Order. À l’aide d’un montage habile, le réalisateur intègre des groupes industriels —Throbbing Gristle et Cabaret Voltaire— ce qui donne au documentaire une certaine densité tout en élargissant le spectre musical du film. Le groupe allemand Kraftwerk vient lui aussi ponctuer le film. Il faut dire que dès 1977, ce groupe avait établi les balises de l’électro-pop, ce qui explique qu’il soit la principale influence de la plupart de ces groupes britanniques. Abondamment illustré de films d’archives, le docu fait un parallèle entre les événements sociaux en Angleterre et le développement de la musique. C’est un film qui plaira à tout amateur d’électro-pop mais qui rappelle aussi les limites de cette musique qui a fini par être absorbée par l’industrie. Et c’est sans doute là l’innovation majeure des Anglais. Avoir réussi à pousser cette nouvelle forme musicale dans le mainstream.

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One Comment
  1. Merci pour ce bel inventaire pertinent de la musique électro européenne

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