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Martin Eden — Jack London [1909]

21 mars 2013

Jack London - Martin EdenMartin Eden est un homme rustre qui ne possède pas d’éducation. Il tombe amoureux de Ruth, une bourgeoise raffinée aux antipodes de ce qu’il est. Afin de se faire accepter d’elle, il consacre toute son énergie à s’instruire et apprendre ce qu’il y a dans les livres. Peu à peu, la brute s’affine et finit par avoir suffisamment de jugement pour analyser et voir les limites de ce milieu bourgeois qui l’avait fasciné au début. Épris de littérature, il décide de s’y consacrer entièrement, au grand désespoir de Ruth qui lui conseille plutôt de se trouver une situation. Les nombreux manuscrits qu’il envoie aux revues lui sont retournés et s’empilent dans sa petite chambre. Et puis certaines petites revues commencent à lui en prendre mais ce succès d’estime est insuffisant pour la famille de Ruth qui, sous la pression, rompt leurs fiançailles. Affaibli par l’extrême pauvreté, Martin maigrit, tombe malade et doit sa survie à la générosité de sa logeuse. Ses nouvelles continuent de se vendre mais les éditeurs oublient ou refusent souvent de le payer et Martin continue de vivoter jusqu’au jour où un de ses essais se vend à 40 000 copies, du jamais vu. Dès lors sa carrière d’écrivain est lancée, les revues et les éditeurs de livres se l’arrachent et il finit par gagner une fortune avec des manuscrits qui avaient pourtant été rejetés. Ceux qui le répudiaient veulent maintenant le rencontrer et Martin juge sévèrement ces gens superficiels et bourgeois qui ont changé leur fusil d’épaule parce qu’il a du succès. Mais le succès l’a changé lui aussi et il réalise qu’il n’est pas plus à l’aise avec les gens de la classe ouvrière et les durs qu’il fréquentait auparavant. Devenu un outsider, c’est avec amertume qu’il réalise qu’il n’a plus d’ami et il finit par se suicider.

Martin Eden est un roman social qui dénonce l’individualisme, les valeurs bourgeoises mais aussi l’importance donnée à la mécanisation au détriment du goût poétique. Plusieurs aspects du livre semblent tirés de la vie de London. Cette impression est particulièrement prenante lorsqu’on lui renvoie ses manuscrits et London ne se gêne pas pour dénoncer cet aspect humiliant du métier d’écrivain. London a nié qu’il s’agissait d’un roman autobiographique mais les nombreux parallèles entre sa vie et le livre me portent à croire le contraire. C’est peut-être ce qui le rend si touchant. Revoir l’écrivain se débattre et tenter de survivre pour finalement y parvenir mais sans jamais avoir véritablement le dessus sur l’adversité, dans la défaite comme dans la victoire. Un très grand livre.

 

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From → littérature

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