Skip to content

En rire ou en pleurer – Jack London [1975]

25 juillet 2013

En rire ou en pleurer

La plupart des livres de London furent d’abord publiés sous forme de feuillets dans des magazines. C’est peut-être ce qui explique qu’il excelle dans la nouvelle, un format naturel pour ce genre de publications.

Par les tortues de Tasmanie raconte l’histoire de deux frères séparés par l’adversité que la vie réunit. Ces deux frères sont très différents. L’un a réussi en faisant fructifier l’héritage familial et l’autre a couru le monde pour finir malade et pauvre mais heureux et adulé. À travers ces contrastes, London abordent les enjeux importants de la vie : l’amour, l’amitié, la passion et s’interroge sur ce qu’est réellement la réussite.

Le bénéfice du doute raconte une altercation entre Carter Watson et le patron peu scrupuleux d’un saloon et le jugement qui s’en suit. Watson est condamné par un juge véreux mais le destin fait en sorte qu’il finira par lui servir sa propre médecine. Dans cette nouvelle à saveur philosophique, London ridiculise le système politique municipal, le système judiciaire et la presse ; le tout dans une prose qui sent le fond de taverne sale et poussiéreux. Cette nouvelle est basée sur un fait véridique arrivé à London tel qu’il le confirme dans une lettre annexée à la fin de l’ouvrage.

Dans La folie de John Harned, un Américain assiste à une corrida. Tout au long de cette boucherie, il compare le destin scellé du taureau avec celui d’un boxeur. Non seulement le combat est inégal, mais le taureau est assoiffé et privé de nourriture. Juste avant d’entrer dans l’arène, il est gonflé d’eau pour le rendre inoffensif. À travers les yeux de John Harned, London dénonce âprement cette culture avide du sang de taureaux : « … C’est un spectacle dégradant, qui apprend à se réjouir des souffrances d’un animal. D’ailleurs, ce combat de cinq hommes contre un taureau stupide est lâche et on donne ainsi une leçon de lâcheté aux spectateurs. Le taureau meurt, mais les badauds continuent à vivre et la leçon portera ses fruits. Non, la bravoure ne se nourrit pas de scènes de couardise ! » Le récit se termine dans un chaos burlesque.

La garce se passe aussi en Amérique du Sud. Alors qu’il conduit un train, Julian Jones aperçoit une jolie fille sur la voie ferrée et stoppe le train. Lui ayant sauvé la vie, elle le suit partout et devient ainsi pour lui une charge financière. Pour tenter de rembourser Jones, le frère de Vahna lui apporte une pépite d’or de deux livres. Jones ne s’intéresse pas à la fille mais la pépite le tracasse et, un jour, ils entreprennent une expédition au péril de leur vie pour voir d’où vient cette fabuleuse pépite. Anodine en apparence, cette nouvelle se nourrit des plus grands mythes Incas.

Dans Le récit de l’homme aux léopards, une mésentente survient dans un cirque entre un dresseur de lion et un lanceur de couteaux. Reste à deviner lequel aura le dessus et surtout comme il s’y prendra. Dans Soirée d’amateur, Edna en est réduite à faire des numéros de chanteuse dans un music hall pour tenter de se faire engager comme journaliste. La dernière nouvelle Un nez pour le roi avait fait l’objet d’un récit dans Quand Dieu ricane, autre recueil de nouvelles.

En rire ou en pleurer est un excellent recueil où l’humour noir côtoie la philosophie. Les nouvelles sont inégales mais la prose est toujours impeccable. Déconcertante de simplicité, l’écriture de London absorbe complètement le lecteur dans le récit comme seuls y parviennent les bons écrivains.

Publicités

From → Non classé

3 commentaires
  1. claudianim permalink

    Inconditionnelle de Jack London, je ne connaissais pas, merci

  2. claudianim permalink

    je viens de finir en rire ou en pleurer, excellent ! quel jeu de miroir ! Bien sur on y retrouve la vie de J. London à travers cet écrit. Sans aucune réponse à la vie, plein de questionnement et c’est cela que j’aime chez lui.

  3. ouais, London est vraiment fort… j’ai passé plusieurs mois à lire ses livres et maintenant que je suis passé à travers, je m’ennuis un peu de lui…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :