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Voyage au bout de la blanche – J.R. Helton [2012]

10 septembre 2013

Voyage au bout de la blancheDans ce récit, Helton raconte sa vie de toxicomane. Ça commence lorsqu’il a 17 ans avec le pot et ça se poursuit avec toutes les substances qu’un camé peut consommer : héroïne, cocaïne, hydrocodone, champignon, MDMA …

Le chapitre 4 avait déjà fait l’objet d’un récit dans le collectif : Le livre des fêlures. Cette histoire de couples accros à la coke se distingue par ses nombreux dialogues qui rendent ce passage beaucoup plus vivant que le reste de ce livre au style un peu didactique. Helton semble s’être servi d’observations faites après ses trips et par endroit, ça sent un peu le cahier de notes. À la façon d’un spécialiste qui s’adresse à un profane, Helton nous explique le dosage des différentes drogues qu’il prend, leurs effets secondaires et on passe ainsi peu à peu à travers sa vie sous l’angle de la drogue au sens large, l’alcool étant inclus dans le lot.

Les moments les plus savoureux sont ceux où il transcende son sujet et se perd dans des réflexions acides d’ordre social : (ce passage suit une scène de viol) « Les gars blancs de la bourgeoisie américaine sont actuellement les plus dangereux sur cette planète […] La plupart de ces Américains gâtés et gavés, lorsqu’ils passent à l’âge adulte […] deviennent de plus en plus dangereux au fur et à mesure qu’ils pénètrent dans les allées du pouvoir en tant que lobbyistes, médecins, politiciens, membres des forces de police […] Ils violent et tuent alors surtout par personnes interposées, mais à une échelle bien plus grande… » [p. 107] D’autres trouvailles du même genre ponctuent le texte ici et là.

Vers la fin, il est surtout question de Xanax, Valium, Vicondin et autres pilules qu’il consomme quotidiennement pour différents problèmes. Douleurs au bas du dos, insomnie, stress. Au delà des dosages et des façons de s’en procurer, il s’interroge sur cette « pharmaceutisation » de la société et dénonce l’hypocrisie consistant à déclarer illégales certaines drogues alors que d’autres légalement prescrites sont souvent plus dangereuses. La profondeur de sa réflexion est étonnante et pleine de bon sens.

 

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