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Le retour du vieux dégueulasse – Charles Bukowski [2014]

4 avril 2014

charles-bukowski-le-retour-du-vieux-dc3a9gueulasse1-e1396449370744Le retour du vieux dégueulasse est une compilation de chroniques publiées dans des revues underground comme Open City et le L.A. Free Press. L’intérêt des chroniques, c’est qu’elles permettent à l’auteur de s’exprimer plus librement que la nouvelle ou le roman.

Bukowski critique tout ce qui tombe sous sa plume et les femmes n’y échappent pas : « Les femmes sont faites pour porter des enfants, pour les élever et — qu’elles le sachent ou non, qu’elles le veulent ou non — c’est inscrit dans leurs gènes. La plupart d’entre elles façonnent leur progéniture en se conformant au savoir, voire aux préjugés, hérités de leur propres mères. Ce n’est pas pour autant une tâche facile. Du coup, elles s’y essaient avec leur mec. Dès l’instant où elles sont parvenues à le transformer, elles se sentent capables d’élever un enfant. Nous ne sommes que des cobayes sacrifiés au nom d’une hypothétique descendance. » [p. 219-220]

Bukowski critique aussi les écrivains littéraires : « Ils s’imaginent que plus un texte sue l’ennui, cultive l’emphase, se vautre dans le compliqué, plus il mérite son statut d’œuvre d’art. Ç’a toujours été comme ça depuis la nuit des temps, c’est une tradition qui n’est pas près de s’éteindre. » [p. 238] Il n’est pas plus tendre avec les auteurs à succès : « … nombre d’entre eux sont célèbres non parce que leurs livres témoignent d’une indéniable originalité mais parce que les foules s’y reconnaissent en les lisant. Et ces foules s’y reconnaissent non parce ces livres ont un fond de vérité mais parce qu’ils se révèlent aussi mensongers que leurs idéaux, leurs agissements, leurs vies. » [p. 237]

Il porte aussi un regard pour le moins lucide sur la condition humaine : «…le Nouveau-Monde, tourne tout entier autour de la question du suicide, effectif ou virtuel, avec ces centaines, ces milliers de femmes seules, de femmes en quête de l’âme sœur, et je n’oublie pas dans ce décompte les hommes qui fondent les circuits, qui se paluchent, qui cauchemardisent, ces centaines, ces milliers d’hommes que le manque d’amour, de sexe ou de n’importe quel autre instinct vital rend fous, tous ces éclopés de l’amour, ces peines à jouir du sexe, ces suicidaires-nés, tous ceux et celles qui se coltinent des jobs chiants, déshumanisants, dont les visages finissent par ressembler à des citrons cent fois pressés et dont les âmes se sont enfuies au loin, très loin…» [p. 57]

Le vieux dégueulasse cacherait-il un philosophe ? Pour les initiés de Bukowski, c’est indéniable. Bien sûr, Bukowski ne fait pas que philosopher dans ce livre. Le gros de l’ouvrage est consacré à ses thèmes de prédilections : le champ de course, les beuveries et les femmes, qui ne tiennent pas le beau rôle, il faut le dire. Bref, c’est un livre de Bukowski. Vous êtes avertis.

© Alain Cliche 2014

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