Handful of Snowdrops… la suite

Handful of Snowdrops est un groupe synthpop de Québec. Formé en 1984, il fut actif durant près d’une décennie avant de se séparer en 1993. Pendant cette période, HoS a produit 3 albums (un 4e est sorti en 2015 et un 5e en 2018). Si HoS demeure peu connu dans son pays d’origine, il a son lot d’admirateurs un peu partout dans le monde. D’ailleurs, le fameux label Dark Entries offre une ré-édition de leur 1er album, ce qui constitue une consécration.  Aucun membre de HoS n’a continué à faire de la musique à temps plein mais plusieurs se sont investis dans différents projets. Voici ceux qui ont retenu mon attention :

21 grams [2010]

21 grams est l’œuvre de deux ex-membres de HoS — Michel Mercier et Jacques de Varennes — et de Charles-Édouard Boivin. Dès qu’on insère le CD, ça part en lion avec la pièce CNTL, ma favorite, une pièce upbeat qui donne envie de bouger et de sauter en l’air. Le tempo de la suivante — Last Spin Around the Sun — est plus lent, mais elle est encore plus riche en terme émotif, et tout aussi bien produite. En fait, j’ai été surpris de la qualité des compositions qui rappelaient à la fois le vieux New Order et Joy Division. C’est donc pas un hasard si le CD est dédié à l’âme d’Ian Curtis. Le son est résolument post-punk avec une touche cold wave et des mélodies accrocheuses qui nous imprègnent sans merci. Le son de 21 Grams nous plonge dans l’atmosphère intense des années 1980, l’équilibre musical est à la fois riche et subtil et chaque fois que je l’écoute, ça me donne des frissons… Et quand j’ai des frissons, vous savez quoi ? C’est parce que c’est foutument bon ! 21 Grams n’a rien à envier aux meilleures formations britanniques qui flirtent avec le post-punk et tout ce qu’on peut regretter, c’est sa brièveté : à peine 4 pièces sur le CD.

Prochain Épisode – Rêvé, puis sculpté des restes d’une étoile [2013]

Prochain épisode est un projet solo de Jean-Pierre Mercier.  Son 1er opus s’intitule : Rêvé, puis sculpté des restes d’une étoile. La 1re pièce — Plus gris que blanc tu meurs — nous plonge dans un climat émotif à fleur de peau. La production est truffée d’idées ingénieuses qui surgissent ici et là. La pièce débute lentement (l’intro dure 1’43’’) et nous mène à travers un dédale d’émotions qui culmine lorsque la guitare embarque vers la fin. Et quelle track de guitare! C’est vraiment maitrisé. Même chose pour la suivante : Un demi-siècle d’automne, et ainsi de suite… Du début à la fin, l’album brille par ses arrangements et ses mélodies. J’adore aussi Alchimie, une pièce lumineuse dotée d’une mélodie hyper accrocheuse. Et quand je dis que je l’adore, je veux dire que j’ai des frissons tout le long! Savoir qu’elle n’a pas été jouée à la radio me brise le cœur et j’en viens presque à regretter de ne plus être DJ. Les textes sont nettement du côté de la poésie et, en portant attention, on arrive à saisir les paroles d’une voix qui, le plus souvent, se fond dans la musique. Rêvé, puis sculpté des restes d’une étoile est une remarquable production francophone.

Sarajevo & Moi – Dark Sky [2017]

Sarajevo & Moi est le projet de Michel Mercier et Juliette Décembre[1]. Musicalement, on est dans la synthpop avec une touche obscure. La pièce Denial n’y va pas par quatre chemins. Ça groove, ça déménage et la voix de JD ajoute une touche dramatique à cette musique endiablée. JD a une formation classique, alors imaginez le genre d’envolée dont elle est capable. À elle seule, elle est un instrument! Dans la suivante — Babylon sa voix extraordinaire nous pénètre, nous console et nous réchauffe le cœur ; un véritable baume pour l’âme. God’s Machine est une autre pièce dotée d’une mélodie prenant aux tripes. Et, au risque de me répéter, dès que JD ouvre la bouche, elle nous absorbe tout entier. Dans Imaginary Winter, la musique est plus en retrait, ce qui permet à la voix de prendre plus de place. Encore une fois, la fusion entre musique et voix est réussie. Tout au long, la production est impec et le mixage rend suffisamment justice à la voix pour qu’elle continue de nous hanter bien après que le CD ait cessé de jouer. Sarajevo & Moi possède deux atouts majeurs : des compositions efficaces et une voix grandiose, une combinaison rare dans la synthpop.

Mal fantôme – Half empty, half full [2018]

Mal fantôme est un projet de Jacques De Varennes, Charles Boivin et Émile Gauthier. La 1re chose qui m’a gossé, c’est qu’il n’y avait pas d’objet physique. J’ai dû me contenter de fichiers en haute résolution. Après une écoute qui ne m’a pas convaincu, j’ai laissé passer quelques mois. Parfois ça prend  du temps pour apprivoiser la musique. Lorsque je l’ai réécoutée, j’arrivais toujours pas à embarquer. Les pièces étaient saturées d’énergie yang (masculine) et il manquait ce je ne sais quoi de yin qui aurait créé ce contraste essentiel nous permettant de plonger dans la musique. C’est feutré, sombre et tristounet. J’ai rien contre, mais ces émotions doivent être utilisées avec parcimonie et, surtout, avec les contrastes qui les font ressortir, sinon on étouffe! Avec le temps, j’ai tout de même fini par apprivoiser Drifting among your satellites et Heartful of Sorrow, deux pièces magnifiques qui méritent d’être écoutées. Mentionnons aussi la production réussie de Mathieu Dandurand du studio Musicart à Montréal.

Handful of Snowdrops – Noir [2018]

a0234442430_16Noir est l’œuvre d’une seule personne : Jean-Pierre Mercier. J’ai pas eu à l’écouter souvent pour l’apprécier. Dès la 2e écoute, je pouvais constater les immenses qualités de compositeur de Jean-Pierre. TOUTES les pièces sont bonnes et on y retrouve tous les points forts de HoS, soit des mélodies accrocheuses, des compositions soignées et de bonnes idées de production. Et puis, y a de savoureuses trouvailles dans les textes, comme celle-ci : « If you don’t leave your life behind, you’re life will leave you » (Black and Blue). Les limites d’un one man show résident dans son registre; d’une pièce à l’autre, ça se ressemble. C’est là que l’infusion de talent extérieur aurait pu apporter de l’oxygène. Mes oreilles ont trouvé que la sonorité laissait un peu à désirer par moment, surtout à haut volume, mais sinon c’est très réussi. Noir est un des meilleurs CD que j’ai entendu dans le genre.

© Alain Cliche, 2018, 2019.

[1] Sébastien Rouleau a participé à la pièce Babylon et Jean-Sébastien Tremblay à Oscillate.

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A propos alaincliche

Ancien dj spécialisé en musique alternative, Alain Cliche a d'abord tâté de la pub avant de se consacrer à l'écriture. Il a co-réalisé «MTL punk», un docu portant sur l’émergence de la scène punk montréalaise. Il a aussi publié un roman où il exprime sa passion pour la musique (Accro vinyle) et deux autres où il raconte son passage sur la scène underground des années 1980.
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