Anam Cara — John O’Donohue [1997]

Anam Cara est un livre sur la sagesse celtique.[1] On y retrouve des réflexions spirituelles sur une myriade de notions comme l’amour, l’amitié, la solitude, le travail, la beauté, la peur, la mort…

L’intérêt du livre réside dans le décalage entre la perception qu’on a de ces concepts et la lecture qu’en donne la sagesse celtique. Au sujet de l’âme, par exemple, on a toujours considéré le corps comme étant son siège; mais O’Donohue explique qu’en fait, c’est le corps qui est hébergé par l’âme. Je ne saurais rendre grâce à sa prose — d’autant plus qu’elle est en anglais — mais l’ouvrage entier est basé sur ce genre de nuances qui à première vue semblent anodines mais qui se révèlent extrêmement puissantes.

Un des passages qui m’a le plus bouleversé est au sujet de l’amour : Love is the only light that can truly read the secret signature of the other person’s individuality and soul.[2] [p 14] En lisant ça, j‘ai ressenti exactement ce que j’ai senti la dernière fois que j’ai été en amour. Je retiens aussi cette phrase au sujet de l’amitié : A friend is a loved one who awakens your life in order to free the wild possibilities within you.[3] [p 19] Ça représente bien ce que j’ai toujours senti des amitiés significatives. Son rapport avec le passé est aussi digne d’intérêt : To visit the temple of memory is not merely to journey back to the past; it is rather to awaken and integrate everything that happens to you.[4] [p 180] Encore, une fois, ça correspond à ce que je ressens intuitivement quand je repense à mon passé pour en saisir la logique.

Chaque concept est vu à travers la sagesse celtique et on en ressort grandi et lumineux. Même lorsqu’il parle d’aspects moins reluisant de la vie, O’Donohue le fait avec une grande ouverture d’esprit sans jamais porter de jugement.

O’Donohue possède une culture étonnante et son livre est ponctué de poésie celtique. On y trouve aussi plusieurs citations : Camus, Beckett, Heidegger, Eckhart, Platon, la Bible… Ça aide à faire respirer le contenu. Bref c’est un livre qui m’a envouté et si profond que je vais sûrement m’y référer. Seul hic : il n’existe pas en français, mais la langue utilisée est peu complexe et aucun passage n’a su résister à mon dictionnaire.

© Alain Cliche, 2018

[1] Anam Cara signifie the soul friend.

[2] L’amour est la seule lumière qui peut vraiment lire la signature secrète de l’individualité et de l’âme de l’autre.

[3] Un ami est un être cher qui éveille votre vie afin de libérer les possibilités insoupçonnées en vous.

[4] Visiter le temple de la mémoire, ce n’est pas simplement retourner dans le passé; c’est plutôt éveiller et intégrer tout ce qui vous est arrivé.

 

 

 

 

3 réflexions sur “Anam Cara — John O’Donohue [1997]

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

  2. merci d’avoir pris la peine de commenter… je suis allé jeter un coup d’oeil sur votre page et je constate que nous sommes aussi éclectique l’un que l’autre… au plaisir…

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