Perles du rock progressif

tumblr_pfw2r5tiHX1tekavlo1_500À bien des égards, le progressif fut la continuité du psychédélique. Stimulés par la vague créative des années 1960, les groupes prog utilisèrent les nouveaux moyens techniques mis à leur disposition le synthétiseur et le studio 24 pistes et ajoutèrent des éléments du jazz, du folk et de la musique classique pour repousser les limites du format rock. Pourquoi les Britanniques ont-ils autant dominé ce genre ? Je ne saurais répondre. Tout ce que je sais, c’est que ce fut ma porte d’entrée vers la musique plus élaborée. Les albums suivants ne sont pas toujours les meilleurs ; il s’agit plutôt d’une sélection personnelle basée sur ceux que j’ai connus et qui m’ont semblé avoir tenu la route. (une playlist est à la fin de l’article)

King Crimson – In the court of the Crimson King [1969]

61r34SB-E2L._AC_Ce disque est ni plus ni moins qu’un monument du rock progressif. Dès le début de 21st Century Schizoid Man, on est électrisé par cette voix étrange qui glace le sang. Le contraste entre cette voix bizarre et l’extraordinaire virtuosité des musiciens est saisissant. Le terme virtuosité est d’autant plus justifié que, par moment, la musique flirte avec le jazz. Ça se termine dans une sorte d’apothéose musicale qui frise la musique concrète. Après ce bombardement sonore, la pièce suivante — I talk to the wind — est un véritable baume qui vient réparer les dommages subis. C’est une pièce magnifique, toute en douceur et en nuances, du genre qui crée une atmosphère idéale pour baiser, si vous voyez ce que je veux dire. Epitaph poursuit dans le même registre avec une surdose de mellotron. C’est suffisamment riche et harmonieux pour nous transir et donner l’impression d’avoir accès à quelque chose de plus grand, voire divin. La pièce éponyme, sur le second côté, fait une synthèse musicale de ce qu’on a entendu et on est emporté, encore une fois, dans les sphères lumineuses et sacrées de la musique. Après avoir produit un tel chef d’œuvre, King Crimson allait avoir de la misère à faire aussi fort mais le groupe a su se renouveler, notamment sur les albums Starless and Bible Black (1974) et Red (1975).

Pink Floyd – Meddle [1971]

R-1562683-1241012646.jpegLe chef d’œuvre de Pink Floyd est sans doute Dark side of the Moon mais je préfère Meddle parce que c’est le 1er disque de prog que j’ai écouté de ma vie. Mes parents l’avaient dans leur collection et mon père le mettait à l’occasion pendant les tempêtes de neige, comme je raconte au début de mon 3e livre. Kesse que j’étais impressionné par ce duo de basses sur la pièce One of these day qui débute avec le bruit du vent… c’était un peu comme si la tempête à l’extérieur se poursuivait à l’intérieur. J’étais perdu lorsque débutait le bridge étrange ; plus loin, quelques coups de grosse caisse étaient étouffés par une voix vraiment bizarre, puis ça repartait de plus belle avec des notes d’orgue qui traversaient la musique.

Avec Meddle, le groupe est allé au bout des possibilités que lui procurait le studio d’enregistrement Abbey Road. La console étant limitée à 8 pistes, le groupe ira au studio Air qui en avait une dotée de 16 pistes. C’est là que fut enregistré la majeure partie du chef d’œuvre du disque : Echoes, qui occupe tout un côté de disque. Elle débute avec un simple son de synthé qui se répète et qui évoque le sonar d’un sous-marin. Peu à peu, la musique prend forme avec les différents instruments qui se greffent les uns aux autres. Lorsque le couplet débute, on est rassuré, on se croit en terrain familier ; mais on n’a encore rien entendu! Ça se développe peu à peu, prend de plus en plus d’ampleur et ce long groove finit par nous hypnotiser jusqu’à ce qu’on sombre dans une fosse psychédélique qui nous emporte dans un univers parallèle, obscur vestige du LSD. Mais quelles sont ces créatures étranges et diaboliques qui surgissent ici et là et nous glacent le sang? On est dans un endroit malsain qui évoque un badtrip d’acide. Et puis les créatures disparaissent et le son de synthé du début revient. Peu à peu, on émerge des profondeurs abyssales et on finit par apercevoir la lumière à la surface. Lorsqu’on émerge enfin du magma, la chanson reprend mais avec une extraordinaire ampleur. C’est grandiose et on est complètement transi. On a survécu à un dangereux voyage.

Syrinx – Long Lost relatives [1971]

R-1252489-1446504767-1647.jpegÇa faisait des années que je cherchais le thème de Vers l’an 2000, une émission télé des années 1970. Un jour pote m’a amené une cassette sur laquelle il était. J’étais content : j’avais enfin le nom du groupe. Les gens ne réalisent pas toutes les recherchent qu’il faut parfois faire pour arriver à trouver certaines pièces. J’ai fini par me procurer une copie convenable de l’album et j’ai été surpris de découvrir qu’il s’agissait d’un groupe canadien. Le groupe incorpore des éléments de musique électronique, classique, musique du monde et psychédélique!

Ce disque recèle toutes sortes d’expérimentations faites avec des instruments qu’on entend rarement dans le rock : guiro, conga, bongo, timpanis ; le tout accompagné d’une section de cordes, de synthé, sax, cloches, gong, tambourines… Cette grande variété d’instruments permet au groupe de nous amener dans un univers étrange comme c’est le cas dans la dernière pièce du 1er côté : December Angel. C’est doux avec des tintements métalliques, une mélodie presque enfantine, et truffé d’étranges sons de synthé qui jurent un peu avec la section de cordes, mais ça fonctionne et ça nous élève comme seul y parvient la musique grandiose. Ibistix, qui ouvre le second côté, commence avec ce curieux son de synthé juxtaposé à un instrument acoustique impossible à identifier qui évoque l’ère médiévale et on replonge dans le bizarre. Un peu plus loin, le fameux thème d’émission — Tillicum — nous électrise avec ces sons électroniques qui semblent être séquencés et ces instruments étranges qui surgissent ici et là. On dirait une vague électronique qui se répète et prend de l’ampleur et c’est sûrement ce qui m’a fait accrocher sur cette pièce à l’époque. Ce disque peu courant est une particularité dans l’univers progressif.

Genesis : Foxtrot [1972]

genesis-foxtrotGenesis est sans doute le groupe progressif qui a le plus joué pendant les années 1970. On l’entendait dans tous les partys granolas et sur toutes les radios communautaires. En fait, il a tant joué que je me suis tanné de la plupart de ses disques, mais Foxtrot conserve une place particulière dans mon cœur, peut-être parce qu’il réussit un parfait mariage entre l’univers onirique et le rock. En fait, dans le cas de ce disque, on peut parler d’Art rock vu la touche théâtrale qui caractérise la plupart des morceaux. Les compositions sont ponctuées d’orgue B3, ce qui en accentue les passages tragiques. Peter Gabriel nous raconte des histoires à la façon d’un conteur du Moyen-Âge, le tout soutenu par une musique inventive et évocatrice. Le chef d’œuvre du disque est sans contredit Supper’s ready qui occupe presque entièrement le second côté. Elle est divisée en 6 sous-thèmes qui en font un long collage sonore. Chacun nous emporte dans un endroit différent et nous fait vivre une panoplie d’émotions. Lors des passages lumineux, on sent presque le ciel s’ouvrir au-dessus de nous, mais le groupe ne fait pas l’erreur de s’enliser dans ces moments de félicité et, après une ou deux minutes, le thème change et puis ça reprend mais toujours avec de judicieuses variations et une infinité de détails qui font progresser la musique de façon grandiose. C’est le genre de longue pièce qui nous ballotte tellement en termes émotifs qu’on ressent quelque chose d’extraordinaire et, lors de la finale, tout ce qui a été développé avant revient dans une majestueuse construction qui nous assomme et entre profondément dans notre âme. Lorsque ça arrive, il est difficile de ne pas verser de larmes vue l’intensité émotive.

Gentle Giant – In a glass house [1973]

gentle-giant-in-a-glass-house-lp-album-mesvinylesfrJ’ai découvert Gentle Giant avec l’album Free Hand que j’ai écouté en boucle quand j’avais 16 ans. Kesse que je l’ai écouté! Un jour mon pote André m’a fait découvrir In a Glass house en me disant que c’était leur meilleur. J’étais sceptique, surtout après avoir entendu les premières secondes de la pièce The Runaway. On entendait de la vitre se briser! Ces sons étaient repris en boucle de façon à créer une rythmique et ça durait suffisamment longtemps pour être agaçant. Ensuite seulement débutait la musique. André avait raison, ce disque est un chef d’œuvre. Leur label américain Columbia l’a pourtant refusé, le jugeant trop près du bruitisme. C’est vrai que ce disque est différent des autres albums du groupe. La structure des pièces est plus serrée, plus rigide et se rapproche du rock malgré les nombreux raffinements qui lui donne une saveur médiévale. Toutes les pièces ont quelque chose d’intéressant et on sent que le groupe essaie de s’éloigner des albums antérieurs. Experience est la pièce qui ressemble plus au reste de leur répertoire mais elle est truffée de subtilités qui surgissent ici et là comme pour nous rappeler que le groupe essaie de se réinventer et, après une pause d’ordre onirique, ça repart de plus belle! La pièce éponyme fait aussi partie des meilleures du disque. Après toutes les fioritures, ça repart en plein milieu et on dirait presque il s’agit d’une autre. Ces changements brusques d’atmosphères et de tempos se produisent tout au long du disque. Pour cette raison, In a glass house est plus difficile à aimer que leurs albums antérieurs car il fait davantage travailler l’auditeur ; mais c’est aussi pour ça que je l’ai choisi. Toutes ses expérimentations lui auront valu d’être, à mon avis, moins affecté par l’inexorable test du temps.

Soft Machine – Seven [1973]

R-4811587-1400791993-5315.jpegLes connaisseurs de Soft Machine vous diront que leurs premiers disques sont meilleurs — ils ont raison — mais j’ai choisi celui-ci car c’est celui qui m’a fait accrocher sur ce groupe. J’avais déjà fait une tentative dans les années 1980 avec l’album Fourth mais je ne l’avais pas aimé et l’avais revendu, comme quoi même si la musique est bonne faut aussi être prêt, ce qui n’était pas mon cas à l’époque. Bref, plusieurs années plus tard, j’ai fait une autre tentative avec Seven et ce fut une révélation. Pourquoi ai-je accroché ce coup-là? Peut-être parce que c’est un disque beaucoup plus jazz. Mon passage favori est l’enchainement Day’s eye/Bone Fire/Tarabos sur le 1er côté. Ça débute avec du sax baryton, un instrument dont la sonorité particulière nous ouvre le cœur. C’est à la fois aérien et psychédélique et on flotte pendant tout le temps que dure Day’s eye. Ça enchaine sans coupure avec Bone Fire, puis Tarabos dans un passage nettement jazz avec une touche psychédélique en raison du jeu à l’orgue. Et ça enchaine encore une fois sans coupure avec D.I.S., une pièce très étrange faite de percussions qui clos magnifiquement le côté. Le second côté débute avec une pièce très douce qui sert d’intro à la suivante, Penny Hitch, qui poursuit dans la même veine, avec des tempos lents, du sax en retrait et des claviers habiles ; une belle musique à la fois envoûtante et chaleureuse. Cette façon d’alterner les pièces et surtout de les enchainer est typique du progressif même s’il est vrai que ce disque sonne nettement plus jazz que prog.

Camel – Mirage [1974]

R-619057-1157111372.jpegMon ami Marc-André avait l’édition canadienne de ce disque — la pochette est différente — et lorsqu’il faisait des partys chez lui, on allait l’écouter dans son sous-sol. On écoutait le disque en entier, mais notre pièce de prédilection était l’enchainement Nimrodel/the Procession/the White rider. Ça débutait par une bière versée dans un verre (!), ensuite on avait une mélodie tristounette jouée au clavier qui se fondait dans une fanfare. C’est là que débutait the White rider, cette superbe pièce avec, tour à tour, de l’orgue, de la flûte et de la guitare électrique. Juste quand on commençait à s’habituer ça repartait de plus belle dans un tempo plus rapide avec l’orgue et la guitare et puis ça ralentissait soudain et reconnectait de façon magistrale avec le début, ce qui produisait un effet garanti lorsqu’on était bien défoncés. Alors qu’on était engourdis, la basse électrique venait à l’avant plan et des sons électroniques surgissaient de nulle part ; ça préparait la voie à la guitare électrique qui s’infiltrait profondément en nous et nous mettait complètement en transe. L’autre grosse pièce du disque est Lady Fantasy, elle-aussi composée de 3 parties. Encore une fois, ça prend du temps à démarrer mais quand ça part, ça décolle avec guitare, clavier et tout le reste. Beaucoup d’amateurs de Camel préfèrent le disque Snowgoose, et c’est vrai qu’il est excellent. Perso, j’aime bien aussi Breathless et Nude.

Yes – Relayer [1974]

R-5667340-1528199170-9669.jpegAvec Genesis, Yes était l’autre groupe qui jouait en boucle dans les soirées granolas des années 1970. Un des rares disques de ce groupe que j’écoute encore à l’occasion est Relayer, un album plus difficile d’accès et qui, pour cette raison, a moins joué que les autres.  La pièce The Gates of delirium occupe tout le côté A et dure 22 minutes. Elle fait référence au livre Guerre et paix de Tolstoï. La pièce est constituée de plusieurs tableaux. On part dans la lumière et, peu à peu, on s’enfonce dans un psychédélisme symphonique qui nous fait perdre nos repères. Guitare, basse et claviers nous attaquent sans merci et, avant qu’on s’en rende compte, on plonge dans les ténèbres d’une rare intensité. Au milieu de la pièce, une déchirure sonore marque le début d’un autre tableau qui nous emmène au-delà de la folie. Il s’agit de la meilleure évocation de l’acide que j’ai entendue. Rien n’a été ménagé pour suggérer le chaos. Le groupe a même utilisé des bruits de morceaux de métal frappés ensemble. Heureusement, ce passage est bref ; les éléments symphoniques du début reviennent en force avec encore plus de puissance et finissent par converger vers la lumière ;  à la fin on se sent comme si on avait survécu à une extraordinaire odyssée. La pièce qui ouvre le second côté, Sound chaser, poursuit dans la même veine mais dans un langage plus proche du jazz et de la fusion, surtout vers la fin, et c’est moins réussi. Heureusement, le morceau final, To be over, vient sauver la mise. Il s’agit d’une superbe pièce remplie de joie et d’harmonie avec des influences asiatiques et dont on sort complètement transi.

Gong – You [1974]

R-797883-1422190271-6992.jpegGong est un groupe fort différent du reste de ce qu’on écoutait. En plus de produire une musique pour le moins originale, ce groupe ne se prenait jamais au sérieux, ce qui était pour le moins rare dans l’univers parfois pompeux du progressif. You est le 3e opus d’une trilogie débutée avec Flying tea pot et Angel’s egg — tous deux excellents. You est constitué de petites pièces qui continuent de faire avancer le récit amorcé sur les albums antérieurs et de longues pièces planantes qui se développent sur plusieurs minutes. Le 1er moment fort du disque est Magik mother invocation qui se fond dans Master builder. Il s’agit d’une longue pièce électronique et planante qui évolue peu à peu et finit par éclater dans un extraordinaire jazz psychédélique qui ne cesse de nous surprendre. Savoir surprendre est une des indéniables qualités de Gong. L’autre gros morceau s’intitule The Isle of everywhere. Encore une fois, il s’agit de textures électroniques et d’une combinaison d’instruments électriques et acoustiques agencés de façon à provoquer une longue transe. C’est agréable, nuancé et chaleureux et on a vraiment l’impression de voyager dans l’espace intersidéral. Si vous aimez ce genre, Steve Hillage — un des deux guitaristes du groupe a produit par la suite plusieurs albums de space rock, notamment Green, Rainbow dome musick et Open.

Dr Philter Banx – Insertion in middle « C » [1975]

Dr. Philter Banx L’album Insertion in Middle «C» est un projet conçu et enregistré par des étudiants qui fréquentaient le Fanshawe College à London, Ontario, dans le cadre d’un programme médiatique expérimental appelé Creative Electronics. Le cours fut conçu par Tom Lodge, ancien directeur musical du navire de radio pirate britannique, Radio Caroline. Les étudiants étaient donc inscrits à l’un des premiers programmes post-secondaires incluant l’enseignement des techniques d’enregistrement studio, avec un accent particulier sur la musique électronique. En produisant leur projet, les étudiants sont tombés sur un rapport scientifique affirmant que le cycle d’accouplement humain moyen était d’environ 22 minutes, ce qui coïncidait avec la durée d’un côté de disque vinyle. C’est ainsi qu’est née le projet «Insertion».

Au bas de la pochette, on peut lire : Scientifically programmed for intimate couples. La table est mise. La première pièce, High heels and mirrored thighs correspond aux « préliminaires ». Elle commence avec du piano dans l’écho et enchaîne avec du rock endiablé où l’on distingue une choriste qui semble perdue dans les limbes. Peu à peu, ça évolue vers une musique électronique — toute la pièce est d’ailleurs truffée de sons électroniques savamment construits. Vers la fin, ça ralentit et ça se transforme en ambiant électro-acoustique. Le second morceau s’intitule Love pulse et constitue le « passage à l’acte ». Ça commence avec des sons électroniques joués de façon aléatoire, auxquels s’ajoute une couche de sons faits au synthétiseur, puis un arpégiateur génère un tempo. Dès lors, l’atmosphère est feutrée et surréaliste. D’autres couches de sons électroniques émanent progressivement de cette curieuse atmosphère. Et aussi des sons ralentis de respirations réunis dans un montage où ils se superposent les uns aux autres. Cette construction électro-acoustique évolue de façon organique et majestueuse jusqu’à ce que d’autres sons spectaculaires la traversent et que des sons hachurés d’orgasmes apparaissent et disparaissent au sein de cette orgie sonore. Petit à petit, le tempo des voix augmente et s’amorce alors un montage dont le crescendo correspond bien sûr à « l’orgasme ». Un chef-d’œuvre! (Ce disque n’étant pas disponible sur Spotify, j’ai mis des liens sur le titre des pièces.)

Le progressif a continué d’évoluer pendant les années 1970, mais la vague créatrice qui avait commencé à la fin des années 1960 a fini par s’essouffler, ce constat étant accentué par le format court et l’esthétique révolutionnaire des disques punk et new wave qui ont commencé à paraitre à partir de 1976-77. Le temps était venu de laisser la place à une autre génération.

© Alain Cliche, 2020.

 

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