Docus sur les producteurs et les studios d’enregistrement

J’ai toujours aimé comprendre comment se fabriquait la musique. J’ai même pris un cours d’initiation aux techniques d’enregistrements sonores, en 1984, mais j’ai rapidement compris que j’avais pas ce que ça prenait pour réussir dans ce métier. Quoi qu’il en soit, j’ai gardé un vif intérêt pour le son et il m’arrive d’avoir de longues discussions avec certains de mes potes qui oeuvrent dans ce domaine. Voici quelques documentaires sur le sujet qui ont retenu mon attention :

Tom Dowd & the langage of music [2004]

Ingénieur du son et producteur pour Atlantic Record, Tom Dowd fut responsable de certains des plus importants disques de R&B, rock et jazz jamais réalisés. Il nous raconte comment il est passé de son travail sur le projet Manhattan — alors qu’il était encore étudiant — à l’enregistrement de chefs d’oeuvre et nous présente certains artistes parmi les plus talentueux : John Coltrane, Charlie Mingus, Aretha Franklin, Eric Clapton, Cream, the Allman Brothers. Et ce n’est qu’un petit échantillon des musiciens ayant enregistré avec lui. À l’aide d’entretiens avec ces icônes, on découvre l’histoire de cet humble génie qui nous parle des sessions d’enregistrement et des réalisations techniques qui ont changé à jamais le cours de la musique contemporaine.

The many lives of Quincy Jones [2008]

Quincy Jones a récolté plus de grammys que n’importe quel autre artiste. Ce documentaire produit par la BBC survole l’étonnante carrière de celui qui aida Michael Jackson à devenir roi de la pop et qui fut aussi l’arrangeur de Frank Sinatra. Le passage en studio avec Michael Jackson est révélateur du niveau extrême de perfectionnisme exigé par Quincy Jones, ce qui s’avéra payant puisque Thriller reste l’album le plus vendu de tous les temps. Le document s’appuie sur nombre d’entrevues dont plusieurs avec Quincy Jones qui nous raconte ses débuts modestes à Chicago. J’ai particulièrement aimé ses réflexions sur la création et je retiens cette citation : Paralysis from over analysis qui reflète bien sa philosophie, c’est-à-dire de ne pas trop tergiverser avant d’entreprendre quelque chose.

Muscle shoals [2013]

Muscle Shoals est le nom d’une petite ville perdue d’Alabama située sur les rives du Tennessee, la rivière qui chante comme l’appellent les amérindiens de l’endroit. Le paysage est constitué de marais où l’on peut s’attendre à croiser des alligators… Mais kesse qui peut bien pousser des musiciens du monde entier à s’y rendre ? Réponse : le studio Fame où bossent les Swampers, une équipe constituée de musiciens blancs et noirs, ce qui à l’époque allait à l’encontre de la loi sur la ségrégation raciale. Les Swampers ont un extraordinaire sens du groove et ont contribué au succès d’une myriade de chanteurs dont Aretha Franklyn, Wilson Pickett, Percy Sledge, Etta James, Bob Dylan et Paul Simon… Même les célèbres Rolling Stones y sont allés pour s’inspirer de cette atmosphère créative. Muscle Shoals est un documentaire fascinant sur la fraternité entre des hommes affranchis du racisme qui veulent produire de la bonne musique.

Sound City [2013]

Un des joyaux de Los Angeles était sans contredit le studio Sound City où furent enregistrés des douzaines d’albums importants, ce qui est pour le moins étonnant quand on considère l’aspect anodin de cet endroit doté d’un sofa en velours et de tapis à poil. Mais Sound City possédait aussi une des meilleures consoles de mixage de l’époque — la Neve 8028 — achetée pour 76,000 $, c’est-à-dire plus d’un demi millions de $ US en dollars d’aujourd’hui ! Le réalisateur Dave Grohl — des Foo Fighters — nous explique l’importance de ce studio qui accueillit Fleetwood Mac, Stevie Nicks, Cheap Trick, Neil Young, Pat Benatar, Nine Inch Nails, Nirvana, … La seconde partie du documentaire aborde l’aspect technologique qui a révolutionné la façon dont on enregistre la musique et qui a sonné le glas de ce studio et de plusieurs autres. Une réflexion pour le moins intéressante.

Shangri-la [2019]

Shangri-La est une série documentaire en quatre parties sur Rick Rubin, producteur de disques réputé et fondateur du label Def Jam. Rubin possède une sacrée paire d’oreilles. Vous n’avez à qu’à penser aux premiers morceaux de Beastie Boys, LL Cool J, Public Enemy ou Slayer. Il s’est donné comme mission d’aider les artistes à entendre leur voix intérieure. De son studio de Malibu, il exerce sa magie et paufine la pulsion créative que l’espace lui inspire. Ce docu nous éclaire sur son processus de création, Rubin agissant comme une sorte de moine silencieux pendant que tout le monde s’affaire autour de lui. Les quelques perles de sagesse qu’il laisse tomber au passage flirtent avec la culture hippie/new age, mais c’est le prix à payer pour travailler avec lui. Il faut le voir donner des conseils de vie à Lil Yachty, échanger de vieilles histoires avec Mike D. et Chuck D. , pousser Flea à parler de la mort du guitariste des Red Hot Chili Peppers ou écouter la version épurée de End of the Century des Ramones. Absolument fascinant !

© Alain Cliche, 2020.

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