Docus punks

Au cours des années, j’ai vu quelques bons documentaires sur le punk. Voici mes favoris. À noter que ceux sur les Sex Pistols et celui sur Joe Strummer ont été réalisés par Julian Temple, un cinéaste qui s’est intéressé à l’anarchie et qui connaissait personnellement les Pistols.

The Great rock and roll swindle [1980]

Conçu et filmé après la dissolution du groupe éphémère mais influent que furent les Sex Pistols, ce film était le projet du manager du groupe. Malcolm McLaren voulait faire un film qui montrait comment il avait créé le groupe et comment il avait réussi à avoir du succès en violant les règles établies du showbiz — tout ça dans le but d’extorquer une fortune à l’industrie du disque. Son plan est décrit comme une stratégie militaire, selon des formules inspirées des dix commandements. McLaren a ainsi essayé de s’attribuer l’entier mérite du succès des Pistols, ce qui est pour le moins exagéré. McLaren avait un indéniable sens de l’événement qu’il avait cultivé en fréquentant une cellule situationniste, mais les Pistols étaient aussi un band unique qui a ébranlé la Grande-Bretagne avec ses virulentes attaques contre la monarchie et l’establisment. Ce désopilant «documenteur» mérite tout de même d’être vu au moins une fois. J’ai rarement autant ri de ma vie.

Punk & Glory [1999]

Nina Hagen fait partie de ces femmes courageuses et scandaleuses (Ari Up, Lydia Lunch, Poly Styrene…) qui se sont libérées avec le mouvement punk. Elles ont défié les définitions et les attentes de la société sur ce que devaient être les femmes et comment elles devaient se comporter. Au-delà des tactiques de choc et de la provocation, la plupart avaient aussi une dimension spirituelle, plus profonde, qu’elles exploraient dans leur art. Le réalisateur de ce docu tente de montrer les deux côtés de Nina ; son personnage public provocateur, sauvage et bruyant, mais aussi la terre-mère dévotionnelle et poétique. Nina est fascinante à regarder. Elle possède une riche panoplie de tics faciaux, de maniérismes vocaux excentriques et fait preuve d’un exhibitionnisme qui frôle l’hyperactivité. Lemmy (de Motorhead), Wim Wenders, Dee Dee Ramone et George Clinton nous parlent de leur flamboyante amie.

The filth and the fury [2000]

The Great Rock and Roll Swindle fut sévèrement critiqué pour n’avoir donné que la version du manager des Sex PistolsMalcolm McLaren. The Filth and the Fury raconte l’histoire du point de vue des musiciens du groupe. Le récit décrit l’ascension, la décomposition et la chute des Sex Pistols depuis leurs humbles débuts dans le Shepherd’s Bush de Londres jusqu’à leur effondrement au Winterland Ballroom de San Francisco. À l’aide d’images d’archives, le réalisateur replace le groupe dans le contexte social de la Grande-Bretagne des années 1970. Lors d’entrevues, les Pistols donnent leur version de l’histoire. Ils sont filmés dans l’ombre mais Lydon en sort momentanément lorsqu’il raconte, les larmes aux yeux, la fin tragique de son pote — Sid Vicious. Ça ressemble à de la thérapie.

End of the Century : the story of the Ramones [2003]

End_of_the_century_poster

Ce film retrace les hauts et les bas des Ramones au cours de leurs 20 années de carrière — avant leur séparation en 1995. Depuis leurs débuts à Forest Hills (Queens) au début des années 1970, leurs premières performances au CBGB jusqu’à leur intronisation au Rock and Roll Hall of Fame en 2002. On y apprend aussi une foule de détails personnels comme la fameuse altercation au sujet de la blonde de Joey (que Johnny lui a piqué) et qu’ils ne se sont plus jamais parlés par la suite ! Tout ça alors que la renommée des Ramones se répandait lentement et que leur façon de faire de la musique influençait des générations de punks à travers le monde. End of the Century présente des interviews avec Dee Dee, Johnny, Joey et Marky mais aussi certains de leurs contemporains tels Debbie Harry, Joe Strummer et des amis d’enfance. Ce film résume l’atmosphère musicale underground de la côte Est des années 70 et 80 que le groupe a largement contribué à créer.

The future is unwritten [2007]

Malgré le mépris du punk pour la culture hippie, Strummer fut inspiré par la révolution musicale de la fin des années 60. Comme tant d’autres musiciens britanniques, il est allé à l’école d’art, où il fut exposé à la musique folklorique, à la rue et aux squats, ce qui était considéré comme un acte politique au début des années 70. Inspiré par la florissante scène pub rock de Londres, il a formé le groupe the 101ers mais une révolution musicale rendait le pub rock et tout le reste désuet : le punk. C’est ce qu’il a compris quand il a vu les Sex Pistols ouvrir pour son groupe. Il fut ensuite recruté dans les Clash. S’inspirant de rockeurs radicaux des années 70 — comme les MC5 — les Clash ont marié des refrains à des paroles politiques et ont incorporé des influences rockabilly, reggae et hip hop. The Future Is Unwritten dresse un portrait sans concession de Strummer où l’on peut percevoir ses contradictions philosophiques et ses défauts et montre qu’en assumant son humanité, il aura été à la hauteur de ses idéaux.


Pour ceux qui voudraient approfondir le sujet, je recommande ces excellents livres :

© Alain Cliche, 2020.

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