Mon chien stupide – John Fante [1985]

mon-chien-stupide-defAvec Mon chien stupide, John Fante prouve une fois de plus qu’on a pas besoin d’une intrigue solide pour capter l’attention du lecteur. Et s’il y a bien une intrigue dans ce court roman, elle relève de l’anecdote ; quelqu’un trouve un chien dans sa cour et le nomme Stupide.

John Fante écrit sans pudeur aucune. Il partage tout ce qui lui passe par la tête, sans considération pour la bienséance ou la rectitude. C’est la principale qualité de son écriture. Un type trouve un chien et ça déplait à son entourage. Cette situation est un prétexte pour faire un constat sur sa vie et sur ses relations avec sa femme et ses enfants. Et ce qui émerge de ses confidences, c’est la voix de l’auteur. Lire la suite

Grosse faim – John Fante [2001]

Dans sa préface, Stephan Cooper raconte que lorsqu’il cherchait parmi la volumineuse documentation accumulée par Joyce Fante, la veuve de l’écrivain, il est tombé sur un tiroir rempli de nouvelles inédites. « J’eus l’impression de vivre un rêve » affirme Cooper. Pour le biographe de Fante[1], découvrir le bureau de l’écrivain rempli de photos, contrats et de manuscrits, ce devait être un peu comme gagner le gros lot. Ce livre est une compilation de nouvelles découvertes ce jour-là.

Ardoise raconte la relation problématique de la famille Fante avec l’épicier à qui elle doit une petite fortune. Jour après jour, la mère doit baisser la tête et se rendre humblement chez l’épicier  Lire la suite

À tout prix – Rob Roberge [2014]

1513283-gfDans À tout prix, le guitariste Bud Barrett nous raconte ses frasques de junkie alors qu’il évolue au sein de la formation The Populars Mechanics, groupe country-punk dont il finit par être renvoyé.

Bud ne l’a pas eu facile. À 13 ans, il voit son père commettre un meurtre. Quelques années plus tard, sa mère se suicide. Le reste semble découler de ces deux traumatismes.

Le récit est truffé d’anecdotes loufoques comme lorsqu’il pille une tombe et s’empare des bijoux afin de pouvoir se procurer de la came. On y croise une belle brochette Lire la suite

American Desperado – Evan Wright [2013]

american-desperado-1440403-616x0À cinq ans, Jon voit son père tirer sur un homme. Son père était Nat Riccobono, tueur à la solde de Lucky Luciano, le patron de toutes les familles de la mafia de NY. « À neuf ans, j’étais incapable de mettre des mots sur ce qu’il m’enseignait. C’est devenu clair quand j’ai grandi : le mal est plus fort que le bien. Tuer, faire souffrir, faire peur, ça donne la maîtrise des situations et le pouvoir sur les gens. » [p. 36] En 1959, Nat Riccobono est expulsé en Sicile. Laissé à lui-même, Jon se joint à une bande de voyous du New Jersey, les Outcast, avec qui il apprend les rudiments de la vie de criminel. Lire la suite

Le retour du vieux dégueulasse – Charles Bukowski [2014]

charles-bukowski-le-retour-du-vieux-dc3a9gueulasse1-e1396449370744Le retour du vieux dégueulasse est une compilation de chroniques publiées dans des revues underground comme Open City et le L.A. Free Press. L’intérêt des chroniques, c’est qu’elles permettent à l’auteur de s’exprimer plus librement que la nouvelle ou le roman.

Bukowski critique tout ce qui tombe sous sa plume et les femmes n’y échappent pas : « Les femmes sont faites pour porter des enfants, pour les élever et — qu’elles le sachent ou non, qu’elles le veulent ou non — c’est inscrit dans leurs gènes. La plupart d’entre elles façonnent leur progéniture en se conformant au savoir, voire aux préjugés, hérités de leur propres mères. Lire la suite

Sympathy for the Devil – Kent Anderson [1987]

778277_406192Lorsqu’il écrit sur le Vietnam, Anderson sait de quoi il parle. Le Vietnam, il y est allé et comme la plupart de ceux qui ont eu la chance de s’en sortir vivants, il en est revenu complètement changé. Ce qu’on lui a appris là-bas, c’est de tuer. Pas le choix. Pour survire, faut tuer.

Le récit est construit de façon habile en utilisant le flashback. Après nous avoir amené sur le champ de bataille, on revient aux É-U, avant de partir. Le camp de formation de Fort Bragg rappelle certains aspects de Full Metal Jacket. Déjà là, il faut se battre pour gagner chaque pouce de respect et ce sera comme ça jusqu’au Vietnam, Lire la suite

Voyage au bout de la blanche – J.R. Helton [2012]

Voyage au bout de la blancheDans ce récit, Helton raconte sa vie de toxicomane. Ça commence lorsqu’il a 17 ans avec le pot et ça se poursuit avec toutes les substances qu’un camé peut consommer : héroïne, cocaïne, hydrocodone, champignon, MDMA …

Le chapitre 4 avait déjà fait l’objet d’un récit dans le collectif : Le livre des fêlures. Cette histoire de couples accros à la coke se distingue par ses nombreux dialogues qui rendent ce passage beaucoup plus vivant que le reste de ce livre au style un peu didactique. Helton semble s’être servi d’observations faites après ses trips et par endroit, ça sent un peu le cahier de notes. À la façon d’un spécialiste qui s’adresse à un profane, Helton nous explique le dosage Lire la suite

Perv, une histoire d’amour – Jerry Stahl [2011]

Perv, une histoire d’amourJerry Stahl maîtrise l’art de la digression narrative et arrive ainsi à exprimer avec brio ses états d’âme. Ce procédé rappelle à la fois Philip Roth, Woody Allen et J.D. Salinger —tous Juifs. J’ignore pourquoi les Juifs ont tant de facilité à exprimer leurs déboires avec humour et sans jamais se prendre au sérieux mais être capable de rire de soi est à mon avis une incontestable preuve d’intelligence.

Bobby a 16 ans. À la suite d’une fornication collective qui tourne mal, il se fait virer de l’école et retourne à Pittsburg où il tente de cohabiter avec sa mère, une veuve névrosée qui fait grande consommation de barbituriques. Lire la suite