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Mon chien stupide – John Fante [1985]

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Avec Mon chien stupide, John Fante prouve une fois de plus qu’on a pas besoin d’une intrigue solide pour capter l’attention du lecteur. Et s’il y a bien une intrigue dans ce court roman, elle relève de l’anecdote ; quelqu’un trouve un chien dans sa cour et le nomme Stupide.

John Fante écrit sans pudeur aucune. Il partage tout ce qui lui passe par la tête, sans considération pour la bienséance ou la rectitude. C’est la principale qualité de son écriture. Un type trouve un chien et ça déplait à son entourage. Cette situation est un prétexte pour faire un constat sur sa vie et sur ses relations avec sa femme et ses enfants. Et ce qui émerge de ses confidences, c’est la voix de l’auteur. Lire la suite…

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Les Ramones sont morts

IMG_0318Je traverse Washington Square en observant les gens qui trainent dans le parc. Kesse que c’est rendu clean ! Une équipe de cinéma avec tout le bataclan s’affaire à tourner une scène. Un comédien a un haut mohawk et une comédienne porte une grotesque tenue hippy. Dans les années 1980, chaque fois que je passais ici, une puissante odeur de pot’ rappelait qu’on se contrefoutait des règles. On y croisait toutes sortes de flippés et de fous furieux. Des krishnas se promenaient à la queue leu leu en chantant des trucs bizarres, des contorsionnistes faisaient des manœuvres pour le moins spectaculaires, des Noirs se pratiquaient à voler des gens, des joueurs d’échec tentaient de se concentrer au milieu de la mêlée… Une multitude de fêlés circulait dans cette oasis qui résistait aux règles et au conformisme et cette foule bizarre se renouvelait d’heure en heure. La seule chose dont on était à peu près certain, c’est qu’on pouvait s’attendre à n’importe quoi. Ouais ben si cette équipe de tournage veut récréer ça, elle a du pain sur la planche. Je contourne l’énorme fontaine, oblique à droite et prends l’allée centrale. Un sans-abri nourrit les pigeons. Des dizaines sont par terre mais certains sont posés sur lui. Il lance une poignée de graines et quelques volatiles me passent devant le nez avant d’atterrir. Lire la suite…

The Residents : outsider parmi les outsiders

The-Residents_GroceryStore78_midres-250x250J’ai connu les Residents en 1981. À l’époque, je faisais de la radio avec mon pote André à CKRL, une radio communautaire de Québec. Le mandat de l’émission était de couvrir la scène alternative. On passait nos nuits à faire jouer new wave, punk, reggae, ska, industriel et à peu près tout ce qu’on regroupe aujourd’hui sous le vocable post-punk. Comme je le raconte dans mon livre Normal, PIL était notre groupe culte. On aimait son côté bizarre et c’est sans doute Lire la suite…

Grosse faim – John Fante [2001]

Dans sa préface, Stephan Cooper raconte que lorsqu’il cherchait parmi la volumineuse documentation accumulée par Joyce Fante, la veuve de l’écrivain, il est tombé sur un tiroir rempli de nouvelles inédites. « J’eus l’impression de vivre un rêve » affirme Cooper. Pour le biographe de Fante[1], découvrir le bureau de l’écrivain rempli de photos, contrats et de manuscrits, ce devait être un peu comme gagner le gros lot. Ce livre est une compilation de nouvelles découvertes ce jour-là.

Ardoise raconte la relation problématique de la famille Fante avec l’épicier à qui elle doit une petite fortune. Jour après jour, la mère doit baisser la tête et se rendre humblement chez l’épicier  Lire la suite…

À tout prix – Rob Roberge [2014]

1513283-gfDans À tout prix, le guitariste Bud Barrett nous raconte ses frasques de junkie alors qu’il évolue au sein de la formation The Populars Mechanics, groupe country-punk dont il finit par être renvoyé.

Bud ne l’a pas eu facile. À 13 ans, il voit son père commettre un meurtre. Quelques années plus tard, sa mère se suicide. Le reste semble découler de ces deux traumatismes.

Le récit est truffé d’anecdotes loufoques comme lorsqu’il pille une tombe et s’empare des bijoux afin de pouvoir se procurer de la came. On y croise une belle brochette Lire la suite…

American Desperado – Evan Wright [2013]

american-desperado-1440403-616x0À cinq ans, Jon voit son père tirer sur un homme. Son père était Nat Riccobono, tueur à la solde de Lucky Luciano, le patron de toutes les familles de la mafia de NY. « À neuf ans, j’étais incapable de mettre des mots sur ce qu’il m’enseignait. C’est devenu clair quand j’ai grandi : le mal est plus fort que le bien. Tuer, faire souffrir, faire peur, ça donne la maîtrise des situations et le pouvoir sur les gens. » [p. 36] En 1959, Nat Riccobono est expulsé en Sicile. Laissé à lui-même, Jon se joint à une bande de voyous du New Jersey, les Outcast, avec qui il apprend les rudiments de la vie de criminel. Lire la suite…

Le retour du vieux dégueulasse – Charles Bukowski [2014]

charles-bukowski-le-retour-du-vieux-dc3a9gueulasse1-e1396449370744Le retour du vieux dégueulasse est une compilation de chroniques publiées dans des revues underground comme Open City et le L.A. Free Press. L’intérêt des chroniques, c’est qu’elles permettent à l’auteur de s’exprimer plus librement que la nouvelle ou le roman.

Bukowski critique tout ce qui tombe sous sa plume et les femmes n’y échappent pas : « Les femmes sont faites pour porter des enfants, pour les élever et — qu’elles le sachent ou non, qu’elles le veulent ou non — c’est inscrit dans leurs gènes. La plupart d’entre elles façonnent leur progéniture en se conformant au savoir, voire aux préjugés, hérités de leur propres mères. Lire la suite…