Les vies parallèles de Jack Kerouac – Barry Gifford/Lawrence Lee [1978]

Cette biographie fut publiée neuf années après la mort de Kerouac. D’innombrables extraits d’entrevues avec ceux qui l’ont côtoyé la rendent étonnamment vivante.

Kerouac poussa William Burroughs à écrire mais il eut aussi un impact considérable sur Allen Ginsberg. Voici sa réaction après avoir lu The Town and the City, 1er roman de Kerouac : « la lecture de ce texte monstrueux me bouleversa […] elle m’émut tant, que j’écrivis mes premiers poèmes publiés […] le roman de Jack me poussa aussi à devenir un artiste… à vraiment me prendre au sérieux en tant que poète […] je compris soudain que nous avions le pouvoir d’écrire une œuvre immortelle. »

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Dommages collatéraux — Dan Fante [2012]

Dommages collatéraux est un récit autobiographique qui débute avec le grand-père Nick, un immigrant italien arrivé en Amérique en 1901. Buveur invétéré, le vieux avait un extraordinaire talent de conteur qu’il transmet à son fils John qui deviendra un scénariste à succès et auteur de romans. John Fante passera sa vie à boire pour oublier qu’il prostitue son talent à Hollywood et finira par développer le diabète. Il devra se faire amputer et c’est aveugle qu’il dictera à sa femme Joyce son dernier roman —Rêves de Bunker Hill. Lire la suite

Born into This – John Dullaghan [2003]

Le documentaire s’ouvre sur une lecture publique avec Bukowski qui régurgite d’abord en coulisses puis vomit ensuite quelques insanités à son public. Voilà la façade. L’être grossier, mal poli et rejeté de l’establishment littéraire.

On le retrouve ensuite dans de multiples entrevues accordées au cours de sa vie. On le voit à 30, 40, 50, 60 et 70 ans. Sa physionomie change mais pas son discours. Bukowski s’exprime d’une voix douce et nuancée. Il n’a pas à élever le ton. Les mots qu’il emploie suffisent. Lire la suite

Charles Bukowski : Une vie de fou – Howard Sounes

Les biographies d’auteur sont souvent complaisantes… On y fait la nomenclature de ses principales réalisations en y insérant quelques anecdotes, explications et en développant sur le contexte de l’oeuvre. Elles demeurent le plus souvent académiques. Rarement réussit-on à percer l’univers du créateur. Et ce, pour plusieurs raisons. Parmi celles-ci, il y a la pression exercée par les héritiers —souvent détenteurs des archives— qui essaient de préserver ou même redorer l’image du défunt.

L’auteur de cette biographie —Howard Sounes— n’est pas tombé dans le panneau. Bukowski ayant principalement eu recours à l’autofiction —un procédé consistant à piger dans son vécu— Lire la suite

John Fante: La détresse et la lumière – Silvain Reiner

Dans cette biographie sur l’écrivain américain John Fante, Silvain Reiner ne se gêne pas pour commenter abondamment, voire réécrire des pages entières du livre Demande à la poussière, qui rendit Fante célèbre. Le chapitre au sujet de son passage à Hollywood est fort intéressant pour comprendre comment le cinéma peut dénaturer un écrivain. Mais l’écriture est si ampoulée qu’on peine à avancer dans le texte. Reiner est auteur lui-même et c’est sans doute là l’origine du problème. Au lieu de faire un humble travail de journaliste, il interprète l’oeuvre de Fante allant jusqu’à réécrire des bribes (et même des dialogues !!!) de son oeuvre. Ces divagations prétentieuses recèlent quelques trouvailles littéraires mais elles sont noyées au sein de cette avalanche de verbiage inutile. Dommage.

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Plein de vie : une biographie de John Fante – Stephen Cooper

Biographie agréable et bien documentée sur l’auteur italo-américain John Fante. Cet écrivain peu connu a publié peu de livres, car il a consacré le plus clair de son temps à écrire des scénarios pour Hollywood. Quelle aurait été la stature de cet auteur s’il n’avait pas été corrompu par ce fric lui venant de la machine à fabriquer le rêve américain ? C’est une des questions soulevées par l’auteur de la biographie. Hollywood aura sorti Fante de la pauvreté mais c’est en écrivant des livres sur sa propre vie qu’il a trouvé l’immortalité. Comme si la vie douloureuse d’un simple petit rital eut été plus intéressante que toutes ces fictions à gros budget. Une leçon fascinante et remarquablement bien contée.

Lester Bangs mégatonnique rock critic – Jim Derogatis

Lester Bangs, célèbre rock critique, écrivait pour le Rolling Stone, Creem et le Village Voice. En plus d’être un critique hors pair et selon l’avis de plusieurs, le meilleur de tous les temps, il fut aussi un personnage haut en couleur. C’est ce qu’on découvre dans cette biographie faite par un autre journaliste rock : Jim Derogatis. Le passage le plus intéressant du livre est un texte de 25 pages —qui débute à la page 311— qui s’intitule : «Comment devenir rock critic ? un voyage mégatonnique avec Lester Bangs». Ce texte fut écrit par Lester Bangs lui-même pour le Shakin’ Street Gazette en octobre 1974. Je n’ai jamais rien lu au sujet de la musique qui m’ait fait autant rigoler. Désopilant au max !

Kraftwerk: I Was a Robot – Wolfgang Flür [2000]

Lorsqu’il a fait sa biographie sur Kraftwerk —Man, machine and music— Pascal Bussy n’a pas interviewé Wolgang Flür qui fut pourtant membre du groupe durant 14 ans. Ce livre donne sa version. On y trouve des infos sur l’aspect «humain» du groupe : les groupies, les rumeurs, les concerts… mais la révélation la plus surprenante survient lorsque Flür aborde le sujet des fameuses percussions électroniques qui sont un peu la signature musicale du groupe. Flür affirme que c’est lui qui les aurait inventées mais que le brevet serait détenu par Ralh Hütter et Florian Schneider, les membres fondateurs ! D’autres anecdotes du genre illustrent la hiérarchie qui régnait entre les membres fondateurs et les autres —leurs employés. Ce livre intéressera surtout les fans finis de Kraftwerk.