Survivre à la pandémie

Harlem, NY, 2012. Photo : Ilki Skygrass.

Comme la plupart des gens, je souffre de la pandémie, même si je suis relativement en bonne santé et que j’ai pas trop à m’en faire de ce côté-là. J’ai eu — semble-t-il — la covid, mais ce fut à peine pire qu’une grippe normale.

Dans mon cas, c’est plutôt l’impossibilité de voyager qui m’affecte. Dans quelle mesure ? Eh bien disons que lorsque je me suis résolu à revenir habiter à Québec, en 2000, j’ai bien pensé à mon affaire et j’en ai conclu que pour y arriver, j’allais devoir en sortir régulièrement. Lire la suite

Women – Charles Bukowski [1978]

On a souvent reproché à Bukowski d’être misogyne et phallocrate; Bernard Pivot l’a même traité de pornographe à l’émission Apostrophes — un moment d’anthologie de la télé. On peut l’accuser de bien des maux, la vérité c’est que Bukowski est un misanthrope; autrement dit, il a une aversion pour le genre humain, hommes et femmes confondus.

Alors voilà, Buko nous raconte moult épisodes tous plus désopilants les uns que les autres au sujet de ses femmes. Tous les moyens sont bons pour tremper son poireau et, malgré les nombreuses scènes de baise racontées dans le détail, on n’a pas l’impression de lire de la pornographie. En fait, ses mésaventures avec le beau sexe sont plutôt un hommage qu’un récit pornographique. Lire la suite

Le retour du vieux dégueulasse – Charles Bukowski [2014]

charles-bukowski-le-retour-du-vieux-dc3a9gueulasse1-e1396449370744Le retour du vieux dégueulasse est une compilation de chroniques publiées dans des revues underground comme Open City et le L.A. Free Press. L’intérêt des chroniques, c’est qu’elles permettent à l’auteur de s’exprimer plus librement que la nouvelle ou le roman.

Bukowski critique tout ce qui tombe sous sa plume et les femmes n’y échappent pas : « Les femmes sont faites pour porter des enfants, pour les élever et — qu’elles le sachent ou non, qu’elles le veulent ou non — c’est inscrit dans leurs gènes. La plupart d’entre elles façonnent leur progéniture en se conformant au savoir, voire aux préjugés, hérités de leur propres mères. Lire la suite

Quand Dieu ricane – Jack London [1911]

quand dieu ricaneLa première bonne nouvelle de ce recueil s’intitule Le renégat. Ça raconte l’histoire d’un gamin qui, tous les jours depuis qu’il a l’âge de sept ans, doit se rendre à l’usine pour faire vivre sa famille alors que son frère et sa sœur vont à l’école. London a lui-même passé une partie de sa jeunesse à travailler dans une usine et cette nouvelle résonne d’une façon très particulière, propre à l’autofiction.

Dans Le Chinetoque, cinq Chinois qui travaillent dans une plantation de coton de Tahiti sont accusés de meurtre. La façon infâme d’expédier l’affaire fait ressortir le racisme et la stupidité des Français qui colonisent l’île. Si Bukowski a lu Lire la suite

Le vin de la jeunesse – John Fante [1940]

Le-vin-de-la-jeunesseUn jour que j’étais dans une librairie branchée du plateau Mont-Royal, j’ai jasé avec le vendeur, un type à l’air intello qui semblait pas se prendre pour de la merde. Je lui disais à quel point j’aimais John Fante mais le type ne semblait pas partager mon enthousiasme. « Kesse que t’aimes tant chez Fante ? » m’a-t-il demandé. J’ai essayé de répondre à sa question sans y arriver vraiment. J’y ai repensé par la suite et j’ai essayé de comprendre ce qui me fascine tant chez cet écrivain.

John Fante est un prodigieux technicien de l’écriture. D’apparence anodine, elle est au contraire très complexe. Maitre du non-dit, Fante sait donner juste ce qu’il faut d’informations pour Lire la suite

Shakespeare n’a jamais fait ça – Bukowski [2012]

En 1978, Charles Bukowski se rend en France et en Allemagne. L’essentiel du bouquin est une chronique d’environ 150 pages de ce voyage. Pour les médias, le point culminant fut sa participation à l’émission Apostrophes de Bernard Pivot mais Bukowski en parle à peine. Le véritable point culminant de ce voyage est la lecture qu’il fit à Hambourg. Alors qu’il lit ses poèmes dans une atmosphère enfumée et qu’il descend du vin blanc, il réalise que ce public est fort différent du public américain : « Mes poèmes n’étaient pas intellos mais certains d’entre eux étaient sérieux et dingues. Pour moi, c’était la première fois qu’une foule les comprenait. Ça me dessaoulait, j’ai dû me resservir à boire. » Lire la suite

La nuit ne dure pas – Olivier Martinelli [2011]

Dans La nuit ne dure pas, trois frères forment un groupe rock — les Kid Bombardos. Le récit est divisé en trois parties qui racontent les épisodes clé de la vie du groupe à travers les yeux des différents frères. Le premier concert, la signature avec un label, le premier disque…

Un des attraits du livre est de voir comment ça se passe dans la tête d’un musicien et de voir l’importance qu’a la musique pour un guitariste, un bassiste ou un batteur. Les histoires de cœur ne sont pas non plus sans intérêt. Lire la suite

Bukowski – Sifting Through the Madness for the Word, the Line, the Way [2003]

Ce recueil au titre un peu long est le dixième ouvrage posthume de Bukowski. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il fut prolifique. Même dans sa tombe, il continue de nous bombarder !

Je ne suis pas un amateur de poésie. C’est un style qui —en général— m’endort au plus haut point.  Je n’ai toutefois eu aucune peine à tomber dans ce livre écrit comme de la prose mais en courtes lignes superposées.

Bukowski raconte de façon toute simple, le champ de course, les chevaux, les femmes, l’alcool. Lire la suite