Les animaux de ma vie

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé les animaux. Quand j’étais jeune, j’ai harcelé mes parents pour avoir un chien, sans succès, mais j’allais souvent voir celui d’une voisine, Zoom, un samoyède tout blanc qui sentait la poudre pour bébé. Je passais des heures avec lui. Un jour sa maitresse est sortie dans la cour et a pris deux photos de nous et me les a données. J’étais bien content qu’elle ait immortalisé notre amitié.

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Bandini – John Fante [1939]

Une famille italienne vivant dans le Colorado l’hiver, un père maçon qui ne peut travailler en raison du froid, une mère ultra catholique et un amour impossible entre le petit Arthuro et la jolie Rosa. Comment une intrigue aussi mince peut-elle me bouleverser à ce point? La réponse : la prose exceptionnelle de John Fante.

John Fante écrivait des scènes avec une sensibilité à fleur de peau et lorsqu’on les lit, tout est là sous nos yeux et on ne peut qu’être ému. Difficile de mieux rendre la pauvreté, la misère, la religion aveugle de la mère. Les personnages ont tous quelque chose qui les rend tridimensionnels et vivants et comme c’est écrit au « il », on comprend les enjeux de chacun. Lire la suite

Le vin de la jeunesse – John Fante [1940]

Le-vin-de-la-jeunesseUn jour que j’étais dans une librairie branchée du plateau Mont-Royal, j’ai jasé avec le vendeur, un type à l’air intello qui semblait pas se prendre pour de la merde. Je lui disais à quel point j’aimais John Fante mais le type ne semblait pas partager mon enthousiasme. « Kesse que t’aimes tant chez Fante ? » m’a-t-il demandé. J’ai essayé de répondre à sa question sans y arriver vraiment. J’y ai repensé par la suite et j’ai essayé de comprendre ce qui me fascine tant chez cet écrivain.

John Fante est un prodigieux technicien de l’écriture. D’apparence anodine, elle est au contraire très complexe. Maitre du non-dit, Fante sait donner juste ce qu’il faut d’informations pour Lire la suite

Une éducation américaine — Barry Gifford [2010]

Issu d’une famille divorcée, Roy grandit dans des chambres d’hôtel entre Chicago, Miami et La Nouvelle Orléans au gré des caprices d’une mère qui se remarie à répétition à des hommes au portefeuille toujours bien garni.

Alors qu’il vit dans le Chicago des années 1950, il va au ciné, fume des clops et, bien sûr, parle de filles avec ses amis la Vipère et Jimmy Boyle. Il est aussi témoin d’anecdotes liées au milieu de la pègre et côtoie une flopée de personnages douteux qui nourrissent son imaginaire. Lire la suite