Survivre à la pandémie

Harlem, NY, 2012. Photo : Ilki Skygrass.

Comme la plupart des gens, je souffre de la pandémie, même si je suis relativement en bonne santé et que j’ai pas trop à m’en faire de ce côté-là. J’ai eu — semble-t-il — la covid, mais ce fut à peine pire qu’une grippe normale.

Dans mon cas, c’est plutôt l’impossibilité de voyager qui m’affecte. Dans quelle mesure ? Eh bien disons que lorsque je me suis résolu à revenir habiter à Québec, en 2000, j’ai bien pensé à mon affaire et j’en ai conclu que pour y arriver, j’allais devoir en sortir régulièrement. Lire la suite

Bandini – John Fante [1939]

Une famille italienne vivant dans le Colorado l’hiver, un père maçon qui ne peut travailler en raison du froid, une mère ultra catholique et un amour impossible entre le petit Arthuro et la jolie Rosa. Comment une intrigue aussi mince peut-elle me bouleverser à ce point? La réponse : la prose exceptionnelle de John Fante.

John Fante écrivait des scènes avec une sensibilité à fleur de peau et lorsqu’on les lit, tout est là sous nos yeux et on ne peut qu’être ému. Difficile de mieux rendre la pauvreté, la misère, la religion aveugle de la mère. Les personnages ont tous quelque chose qui les rend tridimensionnels et vivants et comme c’est écrit au « il », on comprend les enjeux de chacun. Lire la suite

Mon chien stupide – John Fante [1985]

mon-chien-stupide-defAvec Mon chien stupide, John Fante prouve une fois de plus qu’on a pas besoin d’une intrigue solide pour capter l’attention du lecteur. Et s’il y a bien une intrigue dans ce court roman, elle relève de l’anecdote ; quelqu’un trouve un chien dans sa cour et le nomme Stupide.

John Fante écrit sans pudeur aucune. Il partage tout ce qui lui passe par la tête, sans considération pour la bienséance ou la rectitude. C’est la principale qualité de son écriture. Un type trouve un chien et ça déplait à son entourage. Cette situation est un prétexte pour faire un constat sur sa vie et sur ses relations avec sa femme et ses enfants. Et ce qui émerge de ses confidences, c’est la voix de l’auteur. Lire la suite

Grosse faim – John Fante [2001]

Dans sa préface, Stephan Cooper raconte que lorsqu’il cherchait parmi la volumineuse documentation accumulée par Joyce Fante, la veuve de l’écrivain, il est tombé sur un tiroir rempli de nouvelles inédites. « J’eus l’impression de vivre un rêve » affirme Cooper. Pour le biographe de Fante[1], découvrir le bureau de l’écrivain rempli de photos, contrats et de manuscrits, ce devait être un peu comme gagner le gros lot. Ce livre est une compilation de nouvelles découvertes ce jour-là.

Ardoise raconte la relation problématique de la famille Fante avec l’épicier à qui elle doit une petite fortune. Jour après jour, la mère doit baisser la tête et se rendre humblement chez l’épicier  Lire la suite

Le vin de la jeunesse – John Fante [1940]

Le-vin-de-la-jeunesseUn jour que j’étais dans une librairie branchée du plateau Mont-Royal, j’ai jasé avec le vendeur, un type à l’air intello qui semblait pas se prendre pour de la merde. Je lui disais à quel point j’aimais John Fante mais le type ne semblait pas partager mon enthousiasme. « Kesse que t’aimes tant chez Fante ? » m’a-t-il demandé. J’ai essayé de répondre à sa question sans y arriver vraiment. J’y ai repensé par la suite et j’ai essayé de comprendre ce qui me fascine tant chez cet écrivain.

John Fante est un prodigieux technicien de l’écriture. D’apparence anodine, elle est au contraire très complexe. Maitre du non-dit, Fante sait donner juste ce qu’il faut d’informations pour Lire la suite

Dommages collatéraux — Dan Fante [2012]

Dommages collatéraux est un récit autobiographique qui débute avec le grand-père Nick, un immigrant italien arrivé en Amérique en 1901. Buveur invétéré, le vieux avait un extraordinaire talent de conteur qu’il transmet à son fils John qui deviendra un scénariste à succès et auteur de romans. John Fante passera sa vie à boire pour oublier qu’il prostitue son talent à Hollywood et finira par développer le diabète. Il devra se faire amputer et c’est aveugle qu’il dictera à sa femme Joyce son dernier roman —Rêves de Bunker Hill. Lire la suite

Le livre des fêlures – collectif [2011]

Le livre des fêlures est un collectif de 31 auteurs réunis par les éditions 13E Note. Plus qu’un recueil de nouvelles, ce livre se veut un manuel de référence pour les auteurs undergrounds regroupés ici en quatre catégories : néo-beats, méta-réalistes, off-noir et inside out. Un essai de Patrick Carrer d’une quarantaine de pages au début nous donne les spécificités de chacune. Son texte nous éclaire quant aux origines de la littérature underground américaine —notamment l’influence beat— mais sa démonstration est laborieuse par endroit. Lire la suite

La nuit ne dure pas – Olivier Martinelli [2011]

Dans La nuit ne dure pas, trois frères forment un groupe rock — les Kid Bombardos. Le récit est divisé en trois parties qui racontent les épisodes clé de la vie du groupe à travers les yeux des différents frères. Le premier concert, la signature avec un label, le premier disque…

Un des attraits du livre est de voir comment ça se passe dans la tête d’un musicien et de voir l’importance qu’a la musique pour un guitariste, un bassiste ou un batteur. Les histoires de cœur ne sont pas non plus sans intérêt. Lire la suite