Grosse faim – John Fante [2001]

Dans sa préface, Stephan Cooper raconte que lorsqu’il cherchait parmi la volumineuse documentation accumulée par Joyce Fante, la veuve de l’écrivain, il est tombé sur un tiroir rempli de nouvelles inédites. « J’eus l’impression de vivre un rêve » affirme Cooper. Pour le biographe de Fante[1], découvrir le bureau de l’écrivain rempli de photos, contrats et de manuscrits, ce devait être un peu comme gagner le gros lot. Ce livre est une compilation de nouvelles découvertes ce jour-là.

Ardoise raconte la relation problématique de la famille Fante avec l’épicier à qui elle doit une petite fortune. Jour après jour, la mère doit baisser la tête et se rendre humblement chez l’épicier  Lire la suite

À tout prix – Rob Roberge [2014]

1513283-gfDans À tout prix, le guitariste Bud Barrett nous raconte ses frasques de junkie alors qu’il évolue au sein de la formation The Populars Mechanics, groupe country-punk dont il finit par être renvoyé.

Bud ne l’a pas eu facile. À 13 ans, il voit son père commettre un meurtre. Quelques années plus tard, sa mère se suicide. Le reste semble découler de ces deux traumatismes.

Le récit est truffé d’anecdotes loufoques comme lorsqu’il pille une tombe et s’empare des bijoux afin de pouvoir se procurer de la came. On y croise une belle brochette Lire la suite

En rire ou en pleurer – Jack London [1975]

En rire ou en pleurerLa plupart des livres de London furent d’abord publiés sous forme de feuillets dans des magazines. C’est peut-être ce qui explique qu’il excelle dans la nouvelle, un format naturel pour ce genre de publications.

Par les tortues de Tasmanie raconte l’histoire de deux frères séparés par l’adversité que la vie réunit. Ces deux frères sont très différents. L’un a réussi en faisant fructifier l’héritage familial et l’autre a couru le monde pour finir malade et pauvre mais heureux et adulé. À travers ces contrastes, London abordent les enjeux importants de la vie : l’amour, l’amitié, la passion et s’interroge sur ce qu’est réellement la réussite. Lire la suite

Quand Dieu ricane – Jack London [1911]

quand dieu ricaneLa première bonne nouvelle de ce recueil s’intitule Le renégat. Ça raconte l’histoire d’un gamin qui, tous les jours depuis qu’il a l’âge de sept ans, doit se rendre à l’usine pour faire vivre sa famille alors que son frère et sa sœur vont à l’école. London a lui-même passé une partie de sa jeunesse à travailler dans une usine et cette nouvelle résonne d’une façon très particulière, propre à l’autofiction.

Dans Le Chinetoque, cinq Chinois qui travaillent dans une plantation de coton de Tahiti sont accusés de meurtre. La façon infâme d’expédier l’affaire fait ressortir le racisme et la stupidité des Français qui colonisent l’île. Si Bukowski a lu Lire la suite

Sur le ring — Jack London [1905-13]

sur-ring-jack-london-L-1La première nouvelle de ce recueil s’intitule L’enjeu. Grâce à l’argent de la boxe, Joe parvient à faire vivre sa mère veuve et ses sœurs et à effectuer les traites sur la maison qu’il lui a achetée. Joe est l’athlète par excellence et n’a aucun vice. Un jour, il rencontre la belle Geneviève qui travaille dans une confiserie et c’est le coup de foudre. La beauté de Geneviève n’a d’égal que le talent de Joe et London arrive à marier sensualité et brutalité dans un phrasé qui danse comme un boxeur sur un ring. Joe est talentueux mais son ultime combat aura une tournure tragique. À travers la logique implacable du jeu, London expose à la fois l’essence de la boxe et la cruauté d’une vie régie selon les règles d’un jeu absurde. Lire la suite

La route – Jack London [1907]

la-route-jack-london-Dans La route, Jack London raconte sa vie de hobo (vagabond) qui consiste à inventer des histoires pour embobiner les gens afin d’être nourri, quêter, voler, et voyager comme passager clandestin sur les trains. Les hobos ont toujours la police ou un garde-frein sur le dos, aussi une partie du livre rappelle le cinéma muet de Chaplin lorsqu’il se sauve constamment de la police. À la suite d’une malchance, il se retrouve en prison pour 30 jours et c’est à titre de hobo qu’il est témoin des injustices du système judiciaire et carcéral. Ce séjour en taule l’amène à développer sa conscience sociale qui guidera ensuite l’écriture d’une partie de son œuvre.[1] Lire la suite

Le vin de la jeunesse – John Fante [1940]

Le-vin-de-la-jeunesseUn jour que j’étais dans une librairie branchée du plateau Mont-Royal, j’ai jasé avec le vendeur, un type à l’air intello qui semblait pas se prendre pour de la merde. Je lui disais à quel point j’aimais John Fante mais le type ne semblait pas partager mon enthousiasme. « Kesse que t’aimes tant chez Fante ? » m’a-t-il demandé. J’ai essayé de répondre à sa question sans y arriver vraiment. J’y ai repensé par la suite et j’ai essayé de comprendre ce qui me fascine tant chez cet écrivain.

John Fante est un prodigieux technicien de l’écriture. D’apparence anodine, elle est au contraire très complexe. Maitre du non-dit, Fante sait donner juste ce qu’il faut d’informations pour Lire la suite

Rob Roberge – La tête à l’envers, les pieds au mur [2012]

La tête à l’envers, les pieds au mur est un recueil de nouvelles savoureux et plein d’humour. La plupart du temps, des gens sont dans des situations fâcheuses. Au lieu de nous dire immédiatement pourquoi, l’auteur laisse la scène en plan et aborde autre chose. Ce procédé est extrêmement efficace pour conserver l’intérêt du lecteur et rend le récit presque réel.

Les situations sont souvent bizarres, comme dans cette nouvelle où un type raconte que durant la dépression, en 1935, son grand-père greffait à des hommes infertiles des testicules de bouc… Lire la suite