Jim Caroll – Downtown diaries [2015]

Ce livre est un recueil de chroniques rigolotes sur la vie d’un junkie à New York au début des années 1970.

Bien sûr, la drogue occupe l’avant-plan mais l’aspect le plus intéressant est sans doute qu’il cotoie nombre de personnalités — Andy Warhol, Paul Morrissey, Bob Dylan, Allen Ginsberg — et demeure critique envers elles. Voici un passage sur Warhol :

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Docus punks

Au cours des années, j’ai vu quelques bons documentaires sur le punk. Voici mes favoris. À noter que ceux sur les Sex Pistols et celui sur Joe Strummer ont été réalisés par Julian Temple, un cinéaste qui s’est intéressé à l’anarchie et qui connaissait personnellement les Pistols.

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« En une heure, j’ai connu Lydia Lunch, Blondie, tous les Ramones, Richard Hell, Lester Bangs et plusieurs autres. »

1-6fa1j6p4igdvnolu7cmjsgJ’avais rendez-vous ce soir-là. J’ai enfilé mon gréement d’hiver et suis parti en avance, au cas où je me perdrais — comme la 1re fois où j’étais allé chez elle. Avec ses rues dans toutes les directions, le West Village est un véritable labyrinthe. Je suis passé par la 6e avenue afin d’éviter l’ennui de la 5e. Mon gros chapeau d’hiver attirait le regard de certains passants, c’était comique. J’ai dit au portier qui je venais voir. Il m’a demandé son numéro d’appartement. Lire la suite

Les Ramones sont morts

IMG_0318Je traverse Washington Square en observant les gens qui trainent dans le parc. Kesse que c’est rendu clean ! Une équipe de cinéma avec tout le bataclan s’affaire à tourner une scène. Un comédien a un haut mohawk et une comédienne porte une grotesque tenue hippy. Dans les années 1980, chaque fois que je passais ici, une puissante odeur de pot’ rappelait qu’on se contrefoutait des règles. On y croisait toutes sortes de flippés et de fous furieux. Des krishnas se promenaient à la queue leu leu en chantant des trucs bizarres, des contorsionnistes faisaient des manœuvres pour le moins spectaculaires, des Noirs se pratiquaient à voler des gens, des joueurs d’échec tentaient de se concentrer au milieu de la mêlée… Une multitude de fêlés circulait dans cette oasis qui résistait aux règles et au conformisme et cette foule bizarre se renouvelait d’heure en heure. La seule chose dont on était à peu près certain, c’est qu’on pouvait s’attendre à n’importe quoi. Ouais ben si cette équipe de tournage veut récréer ça, elle a du pain sur la planche. Je contourne l’énorme fontaine, oblique à droite et prends l’allée centrale. Un sans-abri nourrit les pigeons. Des dizaines sont par terre mais certains sont posés sur lui. Il lance une poignée de graines et quelques volatiles me passent devant le nez avant d’atterrir. Lire la suite

Chrome – pionnier du rock industriel

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Le groupe Chrome a vu le jour à San Francisco en 1976. Fondé par l’expert en manipulation de bandes magnétiques Damon Edge et deux autres musiciens, Chrome trouve son son lorsque le guitariste Helios Creed se joint au groupe l’année suivante. Chrome se distingue par une esthétique à la fois psychédélique et industrielle  et les climats d’anxiété qui tapissent tous leurs disques. Peu de groupes ont exploré le côté sombre de la psyché avec autant de brio. (playlist à la fin de l’article)

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Rip It Up and Start Again : Post-Punk 1978-1984 – Simon Reynolds [2007]

Rip It Up and Start Again est un essai de 682 pages sur le post-punk, un terme fourre-tout qui englobe des courants musicaux comme le new wave, le no-wave et l’électrop-pop. L’auteur y inclut aussi l’industriel, le ska, le gothique et même des groupes inclassables comme les Residents. Si le terme post-punk s’impose par son aspect fourre-tout, il est sémantiquement imparfait puisque beaucoup de ces groupes ont commencé à faire de la musique avant ou pendant l’ère punk. C’est le cas des Residents, Talkingheads, Devo, Throbbing Gristle, Suicide et de nombreux autres. Lire la suite

MTL punk – la première vague [2011]

L’histoire de ce documentaire commence au début des années 2000, lorsque Érik Cimon lit mon scénario intitulé «Normal !» dans lequel je racontais ma jeunesse punk. Érik m’a alors proposé de faire un documentaire sur le sujet. Pour avoir un aperçu du projet initial, vous pouvez lire Normal !, un livre au titre ironique publié en 2009. Montréal punk est le premier documentaire sur la scène punk montréalaise. Les auteurs commencent par replacer le punk montréalais dans son contexte, c’est-à-dire dans le Québec hippy et nationaliste des années 1970. Cette culture jugée étouffante par plusieurs, les pousse à aller voir ailleurs —Londres et NYC. Là-bas, ils sont foudroyés par la musique punk et décident de ramener cette énergie à la maison.

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Perles de la musique post-punk

 

Wire : 154 [1979]

Wire est un groupe fascinant qui a immédiatement emprunté un chemin original. Ce groupe n’a jamais essayé de sonner punk, ce qui est fidèle à l’esprit de l’époque… Pourquoi faire ce que d’autres ont déjà fait ? On se souviendra longtemps de leur premier album Pink Flag [1977], un classique punk. Sur 154, on découvre un groupe mature qui arrive à exprimer le mal de vivre comme peu de groupes ont réussi avant eux. Lire la suite