« En une heure, j’ai connu Lydia Lunch, Blondie, tous les Ramones, Richard Hell, Lester Bangs et plusieurs autres. »

1-6fa1j6p4igdvnolu7cmjsgJ’avais rendez-vous ce soir-là. J’ai enfilé mon gréement d’hiver et suis parti en avance, au cas où je me perdrais — comme la 1re fois où j’étais allé chez elle. Avec ses rues dans toutes les directions, le West Village est un véritable labyrinthe. Je suis passé par la 6e avenue afin d’éviter l’ennui de la 5e. Mon gros chapeau d’hiver attirait le regard de certains passants, c’était comique. J’ai dit au portier qui je venais voir. Il m’a demandé son numéro d’appartement. Lire la suite

Les Ramones sont morts

IMG_0318Je traverse Washington Square en observant les gens qui trainent dans le parc. Kesse que c’est rendu clean ! Une équipe de cinéma avec tout le bataclan s’affaire à tourner une scène. Un comédien a un haut mohawk et une comédienne porte une grotesque tenue hippy. Dans les années 1980, chaque fois que je passais ici, une puissante odeur de pot’ rappelait qu’on se contrefoutait des règles. On y croisait toutes sortes de flippés et de fous furieux. Des krishnas se promenaient à la queue leu leu en chantant des trucs bizarres, des contorsionnistes faisaient des manœuvres pour le moins spectaculaires, des Noirs se pratiquaient à voler des gens, des joueurs d’échec tentaient de se concentrer au milieu de la mêlée… Une multitude de fêlés circulait dans cette oasis qui résistait aux règles et au conformisme et cette foule bizarre se renouvelait d’heure en heure. La seule chose dont on était à peu près certain, c’est qu’on pouvait s’attendre à n’importe quoi. Ouais ben si cette équipe de tournage veut récréer ça, elle a du pain sur la planche. Je contourne l’énorme fontaine, oblique à droite et prends l’allée centrale. Un sans-abri nourrit les pigeons. Des dizaines sont par terre mais certains sont posés sur lui. Il lance une poignée de graines et quelques volatiles me passent devant le nez avant d’atterrir. Lire la suite

Punk : Hors limites – Stephen Colegrave

Livre grand format (32 x 29) de référence autant pour le fond que la forme, très fidèle à l’esprit d’origine. Les Sex Pistols, le Bromley contingent (Siouxsie et cie) et la boutique SEX occupent une place prépondérante mais les pionniers américains (Factory, Ramones, NY Dolls…) sont bien couverts. La collection de photos est magnifique et la direction artistique, impeccable. La couverture de l’édition française est plus jolie que celle de l’édition anglaise. L’édition française est aussi reliée.

Génération Extrême, 1975-1982 du Punk à la Cold-Wave – Frédéric Thébault

Ce livre est loin d’être le dernier mot en la matière. L’auteur aborde de long en large la scène punk britannique et passe ensuite un peu vite sur la scène américaine qui la précède pourtant. Lorsque les Sex Pistols, les Clash et les Damned ont commencé à faire des concerts —en 1976— ça faisait déjà deux ans que les Ramones —et une myriade d’autres bands— bousillaient des tympans au CBGB de NY. L’auteur ratisse aussi un peu large et se perd par endroit… Eh non ! Fred Frith n’est PAS un membre des Residents. Il n’a collaboré qu’à un seul album. Ce livre pour le moins approximatif est tout de même bien illustré et plaira sans doute aux profanes mais certainement pas aux puristes.

Please Kill Me : L’histoire non censurée du pun… Legs McNeil

Livre basé sur plus de 200 entrevues avec ceux qui ont créé la scène punk aux USA. Enfin, ceux qui sont encore en vie ! Le texte est une suite de citations, ce qui donne un style documentaire. On y parle du Velvet, des Stooges, des MC5, des New York Dolls (et des frasques légendaires de Johnny Thunders), Patti Smith, Television, Ramones, Blondie… Ce cocktail de sexe, poésie, drogue et violence recèle nombre d’anecdotes toutes plus savoureuses les unes que les autres. Désopilant.