Les Ramones sont morts

IMG_0318Je traverse Washington Square en observant les gens qui trainent dans le parc. Kesse que c’est rendu clean ! Une équipe de cinéma avec tout le bataclan s’affaire à tourner une scène. Un comédien a un haut mohawk et une comédienne porte une grotesque tenue hippy. Dans les années 1980, chaque fois que je passais ici, une puissante odeur de pot’ rappelait qu’on se contrefoutait des règles. On y croisait toutes sortes de flippés et de fous furieux. Des krishnas se promenaient à la queue leu leu en chantant des trucs bizarres, des contorsionnistes faisaient des manœuvres pour le moins spectaculaires, des Noirs se pratiquaient à voler des gens, des joueurs d’échec tentaient de se concentrer au milieu de la mêlée… Une multitude de fêlés circulait dans cette oasis qui résistait aux règles et au conformisme et cette foule bizarre se renouvelait d’heure en heure. La seule chose dont on était à peu près certain, c’est qu’on pouvait s’attendre à n’importe quoi. Ouais ben si cette équipe de tournage veut récréer ça, elle a du pain sur la planche. Je contourne l’énorme fontaine, oblique à droite et prends l’allée centrale. Un sans-abri nourrit les pigeons. Des dizaines sont par terre mais certains sont posés sur lui. Il lance une poignée de graines et quelques volatiles me passent devant le nez avant d’atterrir. Lire la suite

Génération Extrême, 1975-1982 du Punk à la Cold-Wave – Frédéric Thébault

Ce livre est loin d’être le dernier mot en la matière. L’auteur aborde de long en large la scène punk britannique et passe ensuite un peu vite sur la scène américaine qui la précède pourtant. Lorsque les Sex Pistols, les Clash et les Damned ont commencé à faire des concerts —en 1976— ça faisait déjà deux ans que les Ramones —et une myriade d’autres bands— bousillaient des tympans au CBGB de NY. L’auteur ratisse aussi un peu large et se perd par endroit… Eh non ! Fred Frith n’est PAS un membre des Residents. Il n’a collaboré qu’à un seul album. Ce livre pour le moins approximatif est tout de même bien illustré et plaira sans doute aux profanes mais certainement pas aux puristes.

England’s dreaming : les Sex Pistols et le punk – Jon Savage

Jon Savage connaît son sujet. En 1975, il crée le fanzine punk, London’s Outrage avant de collaborer régulièrement à Sounds et au Melody Maker. L’ouvrage est ambitieux. Il retrace l’histoire chronologique du mouvement et le situe dans son contexte social tout en prenant la peine d’établir des liens avec les courants artistiques qui l’ont modelé : dadaïsme et situationnisme. L’auteur a aussi inséré des notes de son journal personnel de l’époque et raconte, par exemple, ce qu’il a ressenti la première fois qu’il a vu les Clash. Il s’agit du meilleur ouvrage que j’ai lu sur le sujet et de loin.