Sur ma route – Carolyn Cassady [2000]

Lorsque Carolyn Robinson rencontre Neil Cassady en 1947, sa vie bascule, comme pour tant d’autres femmes qui croiseront le héros de Sur la route (de Jack Kerouac). Sur ma route est un témoignage de premier plan sur plusieurs personnages clés de la beat generation. C’est l’histoire d’amitiés entre Neil Cassady, Jack Kerouac et Allen Ginsberg.

Carolyn Cassady est loin de l’esprit beat. Elle est mère et doit rester à la maison s’occuper des petits. De mentalité plutôt conventionnelle, elle ouvre peu à peu ses horizons pour s’ajuster à son mari. Neil est un sacré coureur de jupon mais c’est aussi Lire la suite

Les vies parallèles de Jack Kerouac – Barry Gifford/Lawrence Lee [1978]

Cette biographie fut publiée neuf années après la mort de Kerouac. D’innombrables extraits d’entrevues avec ceux qui l’ont côtoyé la rendent étonnamment vivante.

Kerouac poussa William Burroughs à écrire mais il eut aussi un impact considérable sur Allen Ginsberg. Voici sa réaction après avoir lu The Town and the City, 1er roman de Kerouac : « la lecture de ce texte monstrueux me bouleversa […] elle m’émut tant, que j’écrivis mes premiers poèmes publiés […] le roman de Jack me poussa aussi à devenir un artiste… à vraiment me prendre au sérieux en tant que poète […] je compris soudain que nous avions le pouvoir d’écrire une œuvre immortelle. »

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Kerouac – Lettres choisies [1957-1969]

Kerouac a entretenu une volumineuse correspondance particulièrement éclairante quant aux nombreux obstacles qu’il a rencontrés.

On y apprend que sa prose n’a pas été respectée par Malcolm Cowley, son éditeur chez Viking Press : «… il a arraché bien des trucs sur SUR LA ROUTE sans ma permission et sans même que je voie les épreuves ! » (p. 83) Plus loin : « Il a fallu que j’aille à N.Y. l’autre jour comme un fou furieux  pour contester l’idée merdique de Viking de faire quelque chose comme 4000 corrections sur Clochards célestes » (p. 155) Lire la suite

Buk et les Beats – Jean-François Duval [1998]

Livre étrange. La première partie est un essai sur les beats où il est notamment question de Kerouac, Ginsberg, Burroughs et Neal Cassady. Ce n’est pas inintéressant —au contraire— mais on peut se demander ce que ça vient faire dans un livre sur Bukowski, lui qui s’est toujours dissocié de ce courant littéraire.

En fait Bukowski a souvent dénigré les Beats. Dans le Journal d’un vieux dégueulasse, il traite d’ailleurs Burroughs de « pédale molle et d’abominable lécheur de verrues ». J-F Duval essaie de nous convaincre que Bukowski ne voulait pas vraiment dénigrer les Beats mais sa rhétorique est faible. Lire la suite

Charles Bukowski : Une vie de fou – Howard Sounes

Les biographies d’auteur sont souvent complaisantes… On y fait la nomenclature de ses principales réalisations en y insérant quelques anecdotes, explications et en développant sur le contexte de l’oeuvre. Elles demeurent le plus souvent académiques. Rarement réussit-on à percer l’univers du créateur. Et ce, pour plusieurs raisons. Parmi celles-ci, il y a la pression exercée par les héritiers —souvent détenteurs des archives— qui essaient de préserver ou même redorer l’image du défunt.

L’auteur de cette biographie —Howard Sounes— n’est pas tombé dans le panneau. Bukowski ayant principalement eu recours à l’autofiction —un procédé consistant à piger dans son vécu— Lire la suite

John Fante: La détresse et la lumière – Silvain Reiner

Dans cette biographie sur l’écrivain américain John Fante, Silvain Reiner ne se gêne pas pour commenter abondamment, voire réécrire des pages entières du livre Demande à la poussière, qui rendit Fante célèbre. Le chapitre au sujet de son passage à Hollywood est fort intéressant pour comprendre comment le cinéma peut dénaturer un écrivain. Mais l’écriture est si ampoulée qu’on peine à avancer dans le texte. Reiner est auteur lui-même et c’est sans doute là l’origine du problème. Au lieu de faire un humble travail de journaliste, il interprète l’oeuvre de Fante allant jusqu’à réécrire des bribes (et même des dialogues !!!) de son oeuvre. Ces divagations prétentieuses recèlent quelques trouvailles littéraires mais elles sont noyées au sein de cette avalanche de verbiage inutile. Dommage.

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Correspondance 1958-1994 – Charles Bukowski

Capture d’écran, le 2020-11-26 à 08.14.15La correspondance d’un auteur est fort intéressante car elle est révélatrice. Il ne peut plus se cacher derrière un personnage ou une réalité qu’il essaie de colorer. Dans le cas de cet ouvrage, la couverture à elle seule en vaut le coup tellement elle est désopilante —Bukowski boit de la bière alors qu’un train lui fonce dessus. Le livre est ponctué de dessins cocasses de l’auteur. À travers ces lettres, on découvre un être plus humain et aussi plus vulnérable que ce à quoi nous a habitué le vieux Hank. Mais rassurez-vous, ce livre contient aussi nombre d’anecdotes croustillantes et de précisions quant aux épisodes désormais classiques de ce dieu de la biture.

Plein de vie : une biographie de John Fante – Stephen Cooper

Biographie agréable et bien documentée sur l’auteur italo-américain John Fante. Cet écrivain peu connu a publié peu de livres, car il a consacré le plus clair de son temps à écrire des scénarios pour Hollywood. Quelle aurait été la stature de cet auteur s’il n’avait pas été corrompu par ce fric lui venant de la machine à fabriquer le rêve américain ? C’est une des questions soulevées par l’auteur de la biographie. Hollywood aura sorti Fante de la pauvreté mais c’est en écrivant des livres sur sa propre vie qu’il a trouvé l’immortalité. Comme si la vie douloureuse d’un simple petit rital eut été plus intéressante que toutes ces fictions à gros budget. Une leçon fascinante et remarquablement bien contée.