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MTL New wave, l’histoire d’un vol intellectuel…

30 avril 2016

MNW_7Dans une entrevue accordée à The Gazette, Érik Cimon dit que MTL New wave est la suite de MTL Punk, film que j’ai co-réalisé et dont le point de départ fut un de mes scénarios. Il ne dit pas que j’ai fait une bonne partie de la recherche qui a servi à son nouveau film et ne mentionne pas non plus que le projet de faire un film sur l’effervescence de la scène des années 1980 était NOTRE idée ; autrement dit, j’ai participé malgré moi à l’élaboration de son nouveau film.

Durant notre collaboration sur MTL punk, Érik Cimon a beaucoup insisté pour que je lui fasse une copie du document qui a servi à ma recherche. Sur ce document figurait des centaines de noms, numéros de téléphone et notes. Ça m’a pris des mois de boulot pour arriver à retracer les personnages de la scène punk/new wave. Quand on voit les noms qui sont dans son nouveau film, on comprend pourquoi il a tant insisté pour l’obtenir. Environ la moitié est sur cette fameuse liste que je lui ai malencontreusement copiée.

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entrevue avec Edouardo Cabral pour MTL punk en 2006

Quant au propos du film, il est tiré des documents de présentation que nous avons rédigés à l’époque pour le Conseil des Arts, et je peux aisément le prouver. En clair, il a réalisé le film que nous avions élaboré ensemble mais que nous avons dû amputer de MTL punk, pour toutes sortes de raisons. À l’origine MTL punk devait couvrir également la scène new wave et se rendre jusqu’en 1983-84. Tous les questionnaires et entrevues réalisées lors du tournage de MTL punk couvraient aussi cette période.

En 1997, j’ai débuté l’écriture d’un scénario de long-métrage sur la période où j’ai fréquenté la scène punk de Québec. Ce scénario s’intitule « Normal ! » En 2001, Érik Cimon m’a demandé de le lire. Plusieurs mois se sont écoulés sans que j’en entende parler. J’ai fini par lui dire que si j’avais pas de ses nouvelles, j’allais le proposer à quelqu’un d’autre. Il m’a répondu qu’il ne pouvait pas envisager de ne pas le réaliser. Lors d’une rencontre en 2003, il m’a dit qu’il l’avait fait lire à un comité et qu’il n’était plus intéressé à le réaliser. Il a ajouté qu’il en avait parlé à un producteur qui lui avait dit que ça ferait un bon sujet de documentaire et m’a demandé si ça m’intéressait. J’ai accepté.

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le point de départ de MTL punk (et de MTL new wave) est un scénario que j’ai écrit en 1997 et adapté par la suite en roman

S’il a fait appel à moi, ce n’est pas par grandeur d’âme, c’est parce que j’avais le background idéal pour ce projet. Lorsque j’avais écrit mon scénario, j’avais fait une recherche approfondie sur le sujet, j’avais aussi fréquenté la scène punk/new wave de Montréal et de Québec et j’avais été DJ spécialisé en musique alternative pendant une bonne partie des années 1980, notamment aux Foufounes Électriques. Bref, j’avais la crédibilité qui lui manquait. Le milieu punk est rempli de gens difficiles d’approche qui se méfient des médias. N’y entre pas qui veut.

Je ne crois pas qu’il soit utile de m’appesantir sur notre collaboration ni sur comment il s’y est pris pour m’éjecter de la production de mon propre film (!) mais disons simplement que MTL New wave est un vol intellectuel. La plupart des thèmes du film furent élaborés à l’époque de MTL punk, l’argumentation principale à l’origine du mouvement new wave (DIY + étouffement culturel) a été calquée sur celle de MTL punk ainsi que de nombreux autres éléments de scénario, sans parler que la moitié des personnages interviewés figuraient sur ma liste. D’ailleurs Joe Dimauro et une bonne demi douzaine d’autres, étaient carrément dans notre projet sur le punk… Pourtant, dans le générique, Érik Cimon prend le crédit entier pour la recherche et le scénario. J’ai bien regardé jusqu’au bout pour voir si mon nom allait y figurer. Eh non ! Rien, pas même dans les petits caractères à la fin…

Assister impuissant à un vol intellectuel est une expérience particulièrement frustrante que je ne souhaite à personne. Mais le plus problématique dans cette histoire, c’est que les préceptes de l’underground ont tous été violés. S’il y a une leçon à tirer des courants punk et new wave, ce n’est pas qu’on doit exploiter les gens, les manipuler et les plagier. Au contraire ! S’il y a quelque chose à retirer de cette mouvance, c’est que faire les choses différemment, c’est d’abord les faire avec respect. En ce sens, Érik Cimon et son équipe ont clairement manqué le bateau. L’underground, ce n’est pas d’avoir un look trash et envoyer chier les gens. C’est d’abord une attitude ! À la fin du film MTL punk, Alan Lord résume le punk à No bullshit… de toute évidence, Érik Cimon n’a rien compris à ce truc… C’est une chose de produire des documentaires. C’en est une toute autre que de mettre cet enseignement en pratique.

© Alain Cliche 2016

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One Comment
  1. Plumo Paranto permalink

    Me semblait aussi que quelque chose clochait dans tout ça; un feeling post-punk…

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